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Déchirures de Sire Cédric

Couverture Déchirures

Après avoir lu quelques romans de Sire Cédric, j’avais envie de découvrir ses « écrits de jeunesse », j’ai donc acheté Déchirures et Dreamworlds ne sachant pas trop à quoi m’attendre. Je savais juste que c’était des nouvelles et que c’était différent de ce que j’avais déjà lu. J’ai commencé par Déchirure dont voici la 4ème de couverture :

Imaginez que vous rencontriez un démon dans un bar très particulier… ou d’étranges créatures hybrides sur une autoroute déserte…

Savez-vous que certains fantômes jouent de la harpe avec des rayons de lune ? Que des créatures infernales sévissent au sein d’un groupe de black métal ?

Voici neuf histoires à glacer le sang, où se croisent démons, sœurs jumelles ennemies et fantômes romantiques. Dans cet univers sanglant, poésie et horreur s’unissent – le temps d’une valse mortelle.

J’aime beaucoup le style de Sire Cédric et je m’y suis habituée, j’ai donc été quelque peu surprise car le style de ses nouvelles est différent. Voici un extrait pour que vous vous fassiez votre propre avis :

Mais le prieuré le plus proche se trouvait de l’autre côté de la forêt, et nul tonsuré ne vint jamais l’inquiéter. En fin de compte, dans ces temps un peu sauvages, O était une des plus chanceuses créatures de la triste Création. Elle se contentait d’exister, sans prêter attention à la course des saisons, ou au contraire en ayant une conscience aigüe des oracles du vent et de la sève chantant dans l’écorce des arbres imperturbables.

Les nuits, elle errait dans les chemins désertés, sans que ses pieds ne dérangent le tapis de brume, et elle escaladait un pic rocheux inaccessible à bien des hommes, où même les aigles ne nichaient pas, et elle s’asseyait sur la roche pour observer le disque rond de la lune, le cercle qui écrivait son nom dans les cieux. Elle seule voyait le fils d’argent qui tombaient de la lune sur le monde de mortalité, et les coinçant entre ses doigts elle jouait des mélodies qui faisaient hurler d’amour les loups et fendaient le cœur des hommes dans leur sommeil. Et en ces instants elle chantait, mais les rares à avoir jamais entendu ce chant sont morts avec un sourire sur le visage, ou bien leurs cheveux ont blanchi la nuit achevée, et ceux-là n’ont jamais retrouvé totalement leur esprit.

Certaines nouvelles m’ont touché plus que d’autres. J’ai choisi un extrait de Nenia car c’est la nouvelle que j’ai préféré, je l’ai trouvé plus poétique, plus magique. J’ai aussi aimé Hybrides qui a pour base des légendes indiennes. Mais je ne vais pas toutes vous les citer…

Si le style de Sire Cédric est différent dans ses nouvelles (mais aussi selon la nouvelle), il me plaît toujours autant. Je ne vais pas cacher qu’il y a parfois un peu trop de débauche de sang, de gore, de trash (je pense à la nouvelle Deathstars notamment) et que si on lit les nouvelles d’une traite, on peut avoir une impression de répétitions. En effet, plusieurs d’entre elles sont liées, les mêmes thèmes sont souvent abordés. Cependant, cela ne m’a pas dérangé car cela m’a juste donné l’impression que le format nouvelle était un peu étriqué pour l’auteur et qu’il avait besoin de plus de longueur pour totalement s’exprimer. Et les thèmes sont des thèmes qui lui tiennent à cœur car on les retrouve parfois dans ces romans.

En résumé, je ne regrette pas d’avoir lu ce recueil et je suis contente d’avoir Dreamworld pour poursuivre cette découverte. Ces nouvelles montrent le potentiel de l’auteur et l’étendue de son imagination. Il puise dans différents «mythes et légendes » (légende indienne, vampirisme, démonologie, etc…) et aborde différentes notions (gémellité, haine, croyance, etc…). Bref, je vous conseille cette lecture même si je rajouterai « âme sensible s’abstenir » ! ^_^

♥♥♥♥

De fièvre et de sang de Sire Cédric

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Cela fait un moment que je voulais lire ce livre et quand beautifulvelma a proposé cette LC, j’ai tout de suite été partante !

La 4ème de couverture :

Une jeune fille se réveille entièrement nue et entravée sur un matelas couvert de sang. Elle sait qu’elle va mourir, toute tentative de fuite semble inutile. La douleur n’est rien en comparaison de la peur panique qui s’est emparée d’elle…

Le commandant Vauvert mène l’enquête en compagnie d’une profileuse albinos, Eva Svärta. Personnage excentrique et hors norme, Eva a un véritable sixième sens qui fait d’elle une redoutable traqueuse de l’ombre. Ensemble, ils vont tenter de remonter la piste d’un tueur en série qu’ils croyaient mort et qui a pour habitude de vider entièrement ses victimes de leur sang. S’agit-il d’une réincarnation, d’un spectre, d’un homme, d’une femme, d’une créature d’un autre monde ?

Suspense, angoisse, horreur, sensations étranges, crises de démence, folie meurtrière, rite satanique… Un thriller oppressant qui entraîne ses lecteurs au-delà de la raison.

Pour l’auteur, je suis fan depuis une rencontre sur Livraddict : un entretien où il parlait avec passion de ses livres et de l’écriture, puis encore plus quand je l’ai rencontré en vrai : il est vraiment disponible pour ses lecteurs et à une façon fascinante de parler de ses personnages (il m’a d’ailleurs dédicacé ce livre !) et encore plus en lisant ses livres : il sait mener une intrigue haletante, mêler thriller et fantastique ! Mais si vous n’êtes pas convaincu vous pouvez lire mes articles sur L’enfant des cimetières  et Le Premier Sang.

Bon, je ne fais pas vraiment les choses dans l’ordre ! Normalement, on lit De fièvre et de Sang avant Le premier sang mais bon, les choses ont fait que… et je vous le dis tout de suite, l’ordre de lecture ne m’a pas perturbée !

J’ai été super contente de retrouver Vauvert et Eva ! Ils sont super attachants tous les deux ! Malgré leurs côtés sombres, leurs blessures, leurs fêlures… ou grâce à elles…

J’ai été happée par l’histoire dès les premières pages et j’ai dévoré le roman en deux nuits ! (j’ai failli le lire d’une seule traite mais j’ai été raisonnable !) J’ai suivi l’enquête au gré des découvertes d’Eva, de Vauvert et de Leroy (que j’ai beaucoup apprécié), j’ai plongée avec eux dans les méandres de la folie et du fantastique toujours sur le fil, j’ai découvert (ou re-découvert) avec eux des « légendes ».

Je n’ose pas trop en dire de peur de dévoiler des morceaux de l’histoire qu’il vaut mille fois mieux découvrir par soit même !

Par contre, ne vous étonnez pas l’enquête avance en suivant les cadavres (qui sont nombreux), les litres d’hémoglobine et les séances de tortures alors âmes trop sensibles s’abstenir ! Mais si vous aimez frissonner, je vous conseille vivement ce livre !

Voici les autres participants de cette lecture commune :

Beautifulvelma ; achille49 ; lightjok ; Vepug ; didikari ; Joanskingdom ; Frankie ; Olnapac ; Sylly ; Gilecture ; khanel3 ; Mademoiselle-Soleil ; Petitepom ; Yayanoux ; Paikanne ; QueenOfBlonde ; Kaegen

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Le Premier Sang de Sire Cédric

J’étais super contente quand j’ai vu que Livraddict et les éditions Le pré aux Clercs proposaient Le Premier Sang en partenariat, et j’ai été encore plus contente quand j’ai été choisie !!

Je trouve la couverture magnifique et voici la 4ème de couverture :

Les plus grandes terreurs naissent dans l’enfance et prennent racine au plus profond de nous.
Qu’est-ce qui les fait resurgir ? Sommes-nous capables de les surmonter ?

Par une nuit d’hiver glacée, deux flics de la criminelle, partis pour surveiller un parrain de la drogue en banlieue parisienne, mettent les pieds dans une étrange affaire. Leur principal suspect est mort brûlé vif dans son appartement et les méthodes employées ne ressemblent pas à un règlement de compte. Eva Svärta, la policière albinos, dominée par le désir obsessionnel de retrouver le meurtrier de sa mère et de sa sœur jumelle, pressent un danger imminent. Et si les fantômes du passé se mettaient à reprendre vie ? Hallucination ou réalité ?

À travers ce nouveau roman étonnant de maturité, Sire Cédric ramène son héroïne aux origines du mal qui l’empoisonne. Le vertige qui la submerge progresse tout au long de l’intrigue, impitoyablement, terriblement. Vos nuits n’ont pas fini de vous surprendre.

Pour l’auteur, vous pouvez vous référer à mon article sur L’Enfant des Cimetières.

Un extrait ? Allez, je vais être gentille avec vous :

Elle s’installa devant son ordinateur, releva l’écran et alluma la lampe verte à sa droite. Un halo de lumière chaude baigna la pièce.

Il ne lui restait qu’un procès verbal à finir. Elle le ferait tout à l’heure.

Elle se servit une tasse de thé pendant que le dossier chargeait et que le logiciel se connectait aux différentes bases de données pour vérifier si d’autres éléments y avaient été apportés. On pouvait toujours rêver.

D’une main nerveuse, elle déposa un comprimé d’amphétamine sur sa langue, qu’elle fit descendre d’une gorgée de thé au jasmin.

Sur l’écran défilaient des procès verbaux et des rapports d’autopsies.

Ils étaient accompagnés de photos. Eva les connaissait par cœur. Elle avait déjà  parcouru ces procédures et examiné ces clichés des milliers de fois.

Et elle continuait à le faire. Chaque jour. Jusqu’à ce qu’elle trouve. Elle continuerait ainsi.

L’amphétamine avait laissé un goût amer dans sa gorge.

Elle but davantage de thé.

Le style de Sire Cédric est toujours aussi efficace ! Des phrases courtes qui s’enchaînent rapidement, qui emportent le lecteur ce qui fait qu’on a du mal à lâcher ce roman !

Ses personnages sont toujours aussi forts ! J’ai été contente de retrouver Vauvert et j’ai eu le plaisir de découvrir Eva ! Quelle personnalité ! Cette femme si forte et si fragile, elle a de profondes blessures qu’elle n’ose pas partager ! Ayant déjà un physique différente, elle veut se montrer indifférente alors qu’elle est tellement humaine, d’une telle empathie que cela la fragilise encore plus. Elle se coupe des autres de peur de les faire souffrir mais je pense aussi de peur d’être rejetée… Et Alexandre Vauvert… Je l’avoue, j’ai un faible pour lui ! Ce colosse au cœur immense, cet ours difficile à apprivoiser mais aussi ce sceptique qui a du mal à comprendre ce qui lui arrive ! Comment accepter ce surnaturel dans son monde cartésien ? Mais il commence à être habitué donc même s’il ne comprend pas tout ce qui lui arrive, il ne s’en étonne presque plus !

L’histoire ? Difficile de vous en parler sans trop vous en dévoiler ! Et je veux vous laisser  le plaisir de la découverte ! En tous les cas, cette histoire m’a embarqué et m’a parfois un peu effrayée… Contrairement à L’Enfant des Cimetières dont j’en attendais trop, cette fois, je me suis laissée porter et c’est un coup de cœur !

J’ai hâte de lire d’autres romans de Sire Cédric pour voir si sa plume me porte toujours autant et j’avoue que j’ai hâte de voir ses prochains romans car apparemment son style s’affirme et s’améliore avec le temps.

Encore merci à Livraddict et aux éditions Le Pré aux Clercs pour ce partenariat !

Éditions Le Pré aux clercs – Paris, France

♥♥♥♥♥

L’enfant des cimetières de Sire Cédric

Pas évident pour moi d’écrire cet article, après ma lecture, j’ai laissé passer un peu de temps pour laisser tout ce que j’avais ressenti se décanter… Au final, je ne suis pas complètement satisfaite mais tant pis.

 J’ai découvert Sire Cédric lors d’une discussion sur Livraddict, je n’ai pas osé participer ne le connaissant pas mais j’ai lu cet entretien et il m’a paru posé, intéressant et il a réussi à m’intriguer, j’ai donc eu envie de découvrir ses livres. Sachant que je pourrais le rencontrer au Festival Trolls et Légendes à Mons, j’ai voulu acheter un de ses romans avant et j’ai choisi L’enfant des cimetières. J’ai toujours aimé les légendes, elles m’accompagnent depuis mon enfance (je ne suis pas bretonne pour rien !) et même si celle de l’enfant des cimetières est apparemment typique du sud, si j’ai bien compris, elle serait issue en partie des légendes de Dames Blanches (très courante par chez moi).

Voici la 4ème de couverture :

Un fossoyeur vivant près d’un cimetière est pris d’une folie hallucinatoire et tue toute sa famille avant de se suicider.
Un adolescent, se croyant poursuivi par des ombres, menace de son arme les occupants d’un hôpital et tue Kristel, une artiste peintre.
David, photo-journaliste – et compagnon de Kristel -, décide de découvrir l’origine de cette vague de meurtres sordides et de suicides, qui ne cessent d’augmenter. Bientôt, il va être confronté à l’inimaginable…

Vous ne connaissez peut-être pas cet auteur donc j’ajoute la présentation donné par Pocket :

Né en 1974, figure de proue d’une nouvelle génération d’auteurs français de thrillers, Sire Cédric construit pas à pas une œuvre originale, mariant fantastique et intrigue policière, avec un sens du rythme et une écriture redoutablement efficace. Il a reçu le prix Masterton pour son roman L’enfant des cimetières, et le prix Polar (festival de Cognac) pour De fièvre et de sang. Son dernier roman, Le Jeu de l’ombre, est publié aux éditions Le Pré aux Clercs.
Sire Cédric vit et écrit à Toulouse, dans le Sud de la France.

Et si vous voulez plus de précisions, allez faire un petit tour sur son site.

Je n’ai pas réussi à le lire avant le Festival et j’avoue qu’après j’ai eu du mal à me décider ! Avoir lu l’entretien sur Livraddict, avoir discuté de ses livres avec Sire Cédric, lire de bonnes critiques un peu partout sur ses écrits… Je me suis rendue compte que j’attendais beaucoup de cette lecture et plus on attend d’un livre plus on a le risque d’être déçu ! Mais je me suis jeter à l’eau : l’envie de découvrir ce livre était plus forte que ma peur d’en être déçue.

Un extrait ? Pas évident de choisir…

David s’assit sur la chaise, le souffle coupé.

Une des toiles représentait une simple sphère bleue, qui semblait si douce, si chaude, si réelle qu’on avait envie de tendre la main pour la toucher. David avait beau savoir que ce n’était qu’un plan en deux dimensions, juste de la peinture sur du tissu, une partie de lui voulait tenir cette sphère dans ses mains, et savait qu’elle serait vivante et palpitante comme un cœur.

Sur un autre cadre, une peinture n’était qu’à moitié achevée. Il s’agissait sans doute du dernier tableau de la série, sur lequel elle était en train de travailler la veille au soir.

Kristel n’avait tracé que des lignes obliques sur cette toile-là. Mais des lignes d’une texture si soyeuse, si limpide, qu’on avait l’impression de les voir sortir du cadre et continuer, vers le sol et vers le ciel, reliant les mondes.

Ces toiles étaient bien plus que les meilleures qu’elle eût jamais peintes. Ces toiles étaient des chefs-d’œuvre, qui absorbaient votre souffle et vous laissaient pantelant, ivre. Comme un chant silencieux et intense. Comme un chant bleu. Il ne pouvait trouver de mot pour les décrire sans tomber dans la poésie.

Comme des éclats de lumière.

C’était ça. De la lumière pure, qu’on avait envie de prendre dans ses mains pour en ressentir la chaleur. Pour se diluer tout entier dans ce bleu. Dans le mouvement incessant de cette musique de lumière bleue.

Comme des éclats de Kristel.

L’atelier tout entier était encore empli d’elle, de son souvenir. Partout où David posait les yeux, il sentait sa présence. Sur chaque chevalet vide, avec chaque pinceau soigneusement aligné. Dans chaque tableau céruléen où le monde semblait pulser, se faire et se défaire.

Pourquoi avoir choisi cet extrait ? Car j’aime le bleu ! J’imaginais très bien ces tableaux et j’avoue que j’aimerai les voir en vrai (s’ils existent) pour voir si mon imagination colle à la réalité. J’aime aussi la relation entre David et Kristel et de tous les personnages, c’est Kristel qui me parle le plus… Je me suis aussi demandée si Sire Cédric peignait en plus d’écrire, sa façon de décrire les tableaux est si précise (ou alors s’il connaissait un(e) peintre).

Pourtant cet extrait ne reflète pas vraiment l’ambiance du roman qui est plutôt sombre alors que cet extrait est lumineux (et ces tableaux reflètent pour moi l’histoire entre David et Kristel).

Je dois aussi ajouter que les impressions de David face à ces œuvres font écho à ce que je ressens souvent face à l’océan… Mais là, je m’égare ! Revenons au roman et à son histoire !

Je comprends que certains passages ont pu choquer des lecteurs, ce n’est pas un livre à mettre dans toutes les mains. L’écriture est efficace, entrainante, sombre, pleine de références (j’adore les « références » musicales de Vauvert) mais aussi souvent charnelle, surtout le prologue.

On m’avait dit que ce livre faisait peur… Et pourtant ce n’a pas été mon cas, ce n’est pas une déception car j’ai été embarqué par l’enquête et Vauvert, je me suis demandée jusqu’où allait la folie de Nathaniel et surtout quelle était son histoire, j’ai ressenti les aventures et les émotions de David, j’ai vraiment apprécié ce mélange réel/fantastique.

Bref la plume de Sire Cédric m’a convaincu et pourtant, il me manque un petit quelque chose pour que ce soit un coup de cœur. Que manque-t-il ? et bien, c’est cela qui me chiffonne, je n’arrive pas à mettre de mots sur ce manque… Ce qui est sûr, c’est que je vais continuer à découvrir le style de cet auteur (De Fièvre et de Sang attend déjà dans ma PAL) !

Et au fait, au cas où vous ne l’auriez pas compris, je vous conseille fortement ce livre et si vous le pouvez : rencontrer l’auteur car nul ne parle aussi bien de ses livres que lui-même !!

♥♥♥♥

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