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Musashi : « La pierre et le Sabre » et « La parfaite lumière » de Eiji Yoshikawa

Couverture La pierre et le sabre           Couverture La parfaite lumière

C’est mon compagnon qui m’a conseillé et prêté ces livres qui l’avaient vraiment marqué. Quand j’ai vu les deux tomes, j’ai eu un peu peur : 857 et 696 pages tout de même… En plus, je connais peu le Japon et cette époque mais bon, cela pouvait me permettre de les découvrir.

J’ai été un peu perdue avec tous les noms : Takezo, Matahachi, Musashi, Otsu, Osugi, Akemi, Oko, Jotaro, Takuan, … et déjà, je ne cite que les principaux.

Cependant, je me suis accrochée d’une part, car j’abandonne rarement un livre et d’autre part, si ces livres ont plu à mon homme, c’est qu’il doit y avoir quelque chose tout de même…

Au final, on  a envie de se perdre dans ces magnifiques paysages et la philosophie du samouraï, la pensée du sabre m’ont plu même si je n’y ai pas vraiment adhéré. Je peux la comprendre car cette visée de la perfection, du geste parfait, du mot parfait qu’on peut voir dans tout : un objet, une peinture, un texte, une danse, une musique, un combat, …

Mais tout le monde sait qu’il est difficile voire impossible d’atteindre cette perfection, il est bien d’essayer mais essayer à tout prix, à tout abandonner, à faire souffrir tous ceux qui nous entourent, j’ai du mal à comprendre…

Pour conclure, je suis contente d’avoir lu ces livres, j’ai apprécié et je comprend ce qui a conquis mon compagnon et pourquoi, c’est presque devenu sa philosophie mais ils ne seront jamais mes livres de chevet et je ne sais pas si je dois vous les conseiller ou non…

♥♥♥♥♥

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Le Successeur de pierre de Jean-Michel Truong

Couverture Le successeur de pierre

Quand Livraddict et Folio ont proposé ce livre en partenariat, j’ai été intriguée, et pourtant la SF, ce n’est pas mon truc… Mais la 4ème de couverture a réussi à me convaincre :

Cela fait des siècles que la Bulle de Pierre, écrite par le premier pape, est perdue. Objet de toutes les convoitises, la teneur de son message n’est connue que des souverains pontifes, successeurs de l’apôtre de Jésus.
Pour le jeune Calvin, isolé dans son cocon à l’intérieur d’une des immenses pyramides où s’est réfugiée la quasi-totalité de l’humanité, il est des mystères bien plus immédiats : pourquoi a-t-il été séparé de sa mère? Qui sont ces amis avec lesquels il ne communique que par Web interposé et qui se cachent derrière des avatars aux noms faussement transparents?… Et pourtant, se peut-il que tous ces faits soient liés au manuscrit disparu?

Mêlant thriller et science-fiction, Le Successeur de pierre est un roman passionnant où le suspense le dispute à l’érudition. Une réussite justement récompensée par le Grand Prix de l’Imaginaire en 2000.

Quelques mots sur l’auteur :

Jean-Michel Truong est né en 1950, en Alsace. Après des études de psychologie et de philosophie, il devient enseignant et chercheur. Il a fondé la première société européenne d’intelligence artificielle. Depuis 1991, il vit en Chine où il conseille les entreprises de hautes technologies.

Un extrait pour le style, je ne suis pas sûre que c’est celui qui vous le montrera le mieux mais j’ai trouvé certaines réflexions assez percutantes :

Lui revint aussi le souvenir d’une réflexion de Rembrandt sur une autre toile de son peintre préféré. Cette scène champêtre l’avait ému : le contraste, peut-être, entre les humbles femmes au premier plan, cassées sur de rares blés négligés et, dans le lointain, les amples récoltes entassées en meules imposantes par la foule de moissonneurs. Les nantis, les misérables, …

– C’est l’image même de la vie, n’avait-il pu s’empêcher de commenter…

– Vous ne croyez pas si bien dire, avait approuvé Rembrandt, surpris comme d’un écolier qui eût énoncé d’instinct la théorie de la relativité restreinte. Ces Glaneuses, telles des prêtresses perpétuant un rite antique, miment le geste primordial, celui par quoi toute vie commence : amasser au hasard des riens épars et d’un lien leur donner sens… Eparpillés dans la lande désolée, sans le brin qui les assemble, les épis n’existent pas. Liés, ils sont une promesse de pain. L’espoir recouvré. La force de continuer, demain.

– Vous en parlez comme d’un mécanisme universel, avait remarqué le garçon, étonné de la chaleur de son discours.

[…]

Rembrandt avait marqué une pause, puis conclu avec une gravité que Calvin ne lui connaissait pas :

– Cette toile résume tout ce que Millet a saisi – son intuition, sa théorie – de la vie : vivre, c’est lier.

– Le réseau, avait alors cru pouvoir extrapoler le garçon, le Web, c’est la vie !

– Hélas, avait répondu Rembrandt, le Web ne lie pas, il disloque. Il ne rapproche pas, il démembre. Il n’unit pas, il disloque. Le Web, c’est le contraire de la vie.

J’ai laissé quelques temps entre ma lecture et l’écriture de cet article, le temps de laisser les impressions se décanter… Mais malgré cela, je ne suis pas sûre d’y voir plus clair !

Ce qui est sûr, c’est que le genre SF n’est vraiment pas pour moi ! Tout au long de ma lecture et même après l’avoir finie, je ne suis pas sûre d’avoir tout compris !!

Et pourtant… J’ai eu beaucoup de mal à laisser ce livre, une fois ma lecture commencée, j’étais prise dans l’histoire et je n’arrivais pas à lâcher ce roman ! Pour vous dire à quel point l’écriture de l’auteur est prenante !

L’auteur pose de bonnes questions dont certaines sur la place d’internet et du virtuel dans nos vies, sur l’illusion qu’il peut créer et c’est d’ailleurs pour cela que j’ai choisi cet extrait. Si internet nous permet de communiquer avec des personnes qui vivent à l’autre bout du monde, ne nous coupe-t-il pas de nos voisins ? Et les personnes de l’autre côté de l’écran, se montrent-elles comme elles le sont vraiment ou juste sous la facette qui nous plait ?

Les réflexions sur l’évolution sont aussi intéressantes ! L’homme est-il le dernier échelon ? Je ne vous donnerais pas la théorie développée dans le roman pour vous laisser la découvrir.

Mais franchement, l’idée de départ : isoler les humains pour les protéger des maladies est vraiment un bon point de départ car il nous fait réfléchir ! Ne nous isolons nous pas tout seul à cause d’internet ? Et dans le roman, cet isolement est-il vraiment fait pour les protéger ?

A vous de le découvrir et de réfléchir grâce à ce livre !

♥♥♥♥♥

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