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Un amour dérobé de Mackenzie Ford

Pour commencer je remercie Livraddict et les éditions JC Lattès pour ce partenariat ! Si j’ai postulé pour avoir ce roman, c’est d’une part parce que cela faisait un moment que je n’avais pas lu un livre sur la guerre et que je me demandais quel point de vue l’auteur allait la présenter et d’autre part parce que j’ai aimé sa couverture et que la 4ème de couverture m’a intrigué :
1914-1918. Une femme, deux hommes, trois passions balayés par une guerre implacable, leurs mensonges engendrant impostures et secrets inavouables…
Lorsque les combats cessent, le jour de Noël 1914, Wilhelm, un lieutenant allemand, fraternise avec Hal, son opposant anglais, et lui fait une requête inattendue : si Hal survit, pourrait-il retrouver Sam, la fiancée anglaise de Wilhelm, et lui donner sa photo ? Afin qu’elle sache qu’il l’aime toujours…
Peu après, Hal est rapatrié pour blessures puis démobilisé. Il décide de retrouver Sam. Mais, dès l’instant où il voit la jeune femme, son émotion est telle qu’il choisit de trahir sa promesse en gardant la photographie au fond de sa poche.
Commencent alors pour Hal une nouvelle vie et une histoire d’amour qui appartient à un autre…

J’ai essayé de faire des recherches sur l’auteur, je dis bien essayer car je n’ai presque rien trouvé à part ceci :
Mackenzie Ford est en réalité le nom de plume de Peter Watson, journaliste et historien anglais réputé. Un amour dérobé est son deuxième roman, le premier publié en France.
Et avant de vous donner mon avis voici un extrait :
Je ne dis rien sur le moment, de toute la journée, ni de toute la semaine qui suivit. Une dépression profonde s’abattit sur moi, contre laquelle je n’avais aucune défense, n’y étant pas préparé. Etait-ce à cause de la mort que j’avais côtoyée, à cause du caractère inattendu de cette nouvelle ? Même aujourd’hui, je ne puis me l’expliquer. Tout ce qu’on lit sur la dépression ne nous est d’aucun secours. Un nuage noir ? Un poids énorme qui vous oppresse ? Non. La dépression, c’est comme être enfermé vivant dans un cercueil, au fond d’une mine ou de l’océan, sans lumière, sans air et surtout sans aucun moyen de s’échapper, sans qu’aucun être vivant ne puisse vous approcher, hors de portée des sons, des odeurs, dans un néant vide de sens. Un néant sans couleur, matière, ni forme.
Je ne me souviens pas du départ de mes parents ce jour-là ni de les avoir revu durant les semaines qui suivirent, pourtant ils sont certainement venus. Plus rien n’avait d’intérêt pour moi, même pas la guerre. Surtout pas la guerre, étant donné ce qu’elle m’avait fait. Je suppose que ma dépression ne m’a pas aidé à guérir, mais je n’en sais trop rien. En revanche, je me rappelle qu’au bout d’un moment, une jolie infirmière est venue me voir tous les jours ; elle me sortait sur mon fauteuil roulant, essayait de me faire reparler et remarcher. Mais je m’enfermai lamentablement dans un silence obstiné. Une jolie fille, c’était bien la dernière chose au monde que j’avais envie de voir, et pour cause.

Cet extrait ne reflète pas l’histoire mais j’ai voulu le mettre à cause du point de vue que nous donne ce roman. En effet, si l’histoire commence sur le front avec cet épisode très touchant et extraordinaire qu’est la Trêve de Noël, le fait que Hal est rapatrié ramène l’histoire en Angleterre. On va donc voir cette guerre plus du point de vue des civils et de ceux qui sont restés en arrière que ce soit ceux qui n’ont pas pu aller au Front (femmes et réformés), ceux qui en sont revenus blessés, etc… J’ai trouvé très intéressant de voir cette guerre ainsi (j’ai plus l’habitude de lire des récits de soldats au cœur de l’action) et j’ai aimé aussi découvrir que ceux qui restaient en arrière n’étaient pas forcément inactifs ! J’avoue que je n’avais pas imaginé l’importance de l’espionnage, ni même les informations que l’épluchage de la presse pouvaient apporter.
J’ai choisi cet extrait pour montrer les séquelles qu’ont pu subir les soldats, souvent on ne les comprenait pas quand ils rentraient au pays, ils semblaient en décalage. Ils guérissaient plus ou moins de leurs blessures mais leur moral et mental restaient la plupart du temps marqués. Leurs familles avaient donc du mal à les reconnaître mais les soldats aussi étaient perdus. En effet, la majorité des hommes étant au front, les femmes ont du prendre les choses en main, se mettre à travailler, prendre des responsabilités et les soldats qui rentraient ne s’attendaient pas à cette émancipation.
Bien sûr, les « héros » de cette histoire sont Hal et Sam et en arrière plan Wilhelm mais moi, j’ai plus été touché par les personnages secondaires comme Izzy qui elle nous donne le point de vue du front par ses lettres ou par Lottie, sœur discrète de Sam qui observe beaucoup, enregistre mais ne dit pas quand chose. Et je pense que le fait que ce ne soit pas les personnages principaux qui me touchent m’a empêché de rentrer complètement dans l’histoire. J’ai trouvé intéressant ce roman mais je n’ai pas eu d’empathie pour Hal et Sam que j’ai trouvé trop ambigus (surtout elle).
Autre point négatif pour moi, la fin ! Mais c’est quoi cette fin ?? Je ne peux malheureusement rien vous dire mais elle ne m’a pas plu du tout et c’est pour cela que ma « note » est si sévère…

♥♥♥♥♥

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