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La Vieille Anglaise et le continent de Jeanne-A Debats

Encore une découverte due à BlackWolf et pourtant ceux qui me connaissent, savent que j’ai un peu de mal avec la SF…

J’avoue que la couverture a fini de me convaincre (superbe couverture que l’on doit à Christophe Sivet) et que la 4ème de couverture m’a intriguée :

Certaines personnes sont si profondément attachées à la Vie sous toutes ses formes, tous ses aspects, qu’elles consacrent leur existence à sa préservation, quitte à sacrifier celle des autres…

Ann Kelvin, elle, lui consacrera sa mort.

J’ai donc recherché cette nouvelle pendant un petit moment et je suis allée aux Etonnants Voyageurs de Saint-Malo dans l’espoir de rencontrer l’auteur mais les mains vides…

Devant le stand d’Atalante, je discute de la couverture de Plaguers que je ne trouve pas belle quand une personne intervient dans la conversation… Cette personne se trouve être l’auteur elle-même ! ^_^ C’est elle qui m’a indiqué où trouver La Vieille Anglaise et le continent et c’est au pas de course que j’y suis allée pour pouvoir avoir une petite dédicace ! Ce fut vraiment une chouette rencontre !!

Et voici la description donnée par Griffe d’Encre :

45 ans
2 enfants
2 pères pour aller avec
2 chiens
2 chats

Pour le bien-être général, un seul de ces items est susceptible de changer.

Présentation atypique mais qui lui correspond bien !

Allez un extrait :

Elle passa les colonnes d’Hercule. Le courant qu’elle recherchait était tout près. Elle le sentait et le goûtait de tout son corps. Les flots alentour étaient encore tièdes, mais la température n’était pas statique : il y avait des nappes fraîches, gelées même, comme des bulles d’Antarctique. Soudain, il fut devant elle, et l’image d’une autoroute large et sereine s’ouvrant vers le sud s’imposa à son esprit. Elle activa la balise et s’insinua dans les eaux glacées. Dans le ciel, les étoiles s’allumaient une à une. Elle roula sur le côté pour tenter d’apercevoir la lumière clignotante du satellite en orbite géostationnaire. Son dernier lien avec l’humanité apparut et elle sentit la balise se connecter. Aussitôt, un écran virtuel s’illumina derrière ses paupières. Il y eut un échange de données quasi instantané, et le trafic maritime sur l’ensemble de l’Atlantique Nord s’afficha sous son crâne. Elle cilla, l’image s’évanouit, remplacée par une vue globale de la planète. Un groupement de navires suspects croisait autour des Orcades.

Elle souffla, puis eut envie de tenter quelque chose et plongea brusquement dans les vagues noires et brillantes. Le ciel s’éteignit tandis qu’elle filait vers le fond puis remontait d’un coup. Le grand cachalot surgit de la mer, dressé sur sa caudale, son corps énorme à demi hors de l’eau. Lorsqu’il retomba, un geyser d’écume presque lumineuse fit scintiller de nouvelles et fugitives étoiles.

Pour commencer, je n’ai pas eu l’impression de lire de la SF et pourtant comme la transmnèse (procédé qui permet de transférer un esprit, une âme dans un clone) n’existe pas, cette nouvelle fait bel et bien partie de la SF… Et pourtant, j’ai aimé, oui, j’ai aimé ! J’ai été emportée par l’écriture de Jeanne-A Debats, les passages entre Ann qui découvre la transmnèse et Ann le cachalot ne m’ont pas dérangé mais j’ai beaucoup plus d’affection pour sa forme aquatique ! Ann est quelqu’un de dur, d’autoritaire qui malgré la maladie ne faiblit pas mentalement, je l’ai trouvé intéressante mais pas attachante, par contre Ann-cachalot est maladroite, découvre les fonds marins et ses congénères, est parfois partagée entre sa mission et ses envies. Bien sûr, il n’y a pas qu’elle comme personnage mais c’est surtout d’elle qu’on se rappelle.

L’histoire est prenante même si elle n’est pas très optimiste sur l’avenir et surtout sur l’avenir écologique. La partie scientifique est très poussée et paraît réaliste (c’est peut-être pour cela que je n’ai pas eu l’impression de lire de la SF ^_^) et la partie sur l’océan est très poétique, elle donne envie de nager parmi ces cétacés, on visualise très bien les fonds marins, on ressent même parfois la froideur de l’eau et le plaisir et la sérénité des cachalots et on a envie de découvrir le continent (mais chut, je n’en dis pas plus).

En tous les cas, une œuvre que je ne regrette pas d’avoir découverte (merci Blacky) qui me laisse peut-être un goût de trop peu (71 pages, c’est vite lu) et je me laisserai peut-être tenter par d’autres écrits de Jeanne-A Debats (même si je l’avoue Plaguers m’attire beaucoup moins…).

♥♥♥♥

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