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Le blé en herbe de Colette

J’ai acheté ce livre pour combler mes lacunes culturelles ! Je n’avais jamais lu aucun livre de Colette et il paraît que celui-là est presque un « classique » donc…

Mais je commence à croire que malheureusement les « classiques » ne sont pas faits pour moi… Bon, celui-ci ne m’a pas déplu, c’est déjà ça ! hihihi Commençons par le commencement, la 4ème de couverture :

« Toute leur enfance les a unis, l’adolescence les sépare. »

Phil, 16 ans, et Vinca, 15 ans, amis de toujours, passent leurs étés en Bretagne. Tout naturellement, l’amour s’installe entre ces deux complices inséparables, un amour qui grandit plus vite qu’eux. Et cet été-là, Vinca et Phil découvrent leurs différences et leurs incompréhensions. L’insouciance et la confiance font alors place à la souffrance et à la trahison.

Ces amours adolescentes révèlent à Vinca et à Phil ce qu’ils sont désormais et ne seront jamais plus. Et ces vacances s’achèvent sur un adieu à l’enfance, amer et nostalgique.

Avec délicatesse, Colette excelle à évoquer l’éveil de la sensualité, la douloureuse initiation à l’amour et à la vie.

Vous connaissez tous le nom de Colette mais savez-vous vraiment qui elle est ? Alors juste un petit mot sur elle :

Sidonie Gabrielle Colette (1873 – 1954)

Romancière française, son œuvre est une célébration sensuelle et passionnée de la nature et des relations humaines. On lui doit la série des Claudine, qui firent scandale au moment de leur parution, et des romans sous forme de feuilletons, notamment Chéri, Le blé en herbe, Gigi.

Certaines scènes sont très bien écrites et m’ont emportée, je vous mets donc un extrait :

« La grande marée d’août amenant la pluie emplissait la fenêtre. La terre finissait là, à la lisière du pré sableux. Encore un effort du vent, encore un soulèvement du champ gris labouré d’écumes parallèles, et la maison, sans doute, voguerait comme une arche… Mais Phil et Vinca connaissaient la marée d’août et son tonnerre monotone, la marée de septembre et ses cheveux blancs échevelés. Ils savaient que ce bout de prairie demeurait infranchissable, et leur enfance avait nargué, tous les ans, les lanières savonneuses qui dansaient, impuissantes, au bord rongé de l’empire des hommes.

Phil rouvrit la porte vitrée, la referma avec effort, fit tête au vent et tendit son front à la pluie fine, vannée par la tempête, la douce pluie marine un peu salée qui voyageait dans l’air comme une fumée. Il ramassa sur la terrasse les boules cloutées d’acier et le cochonnet de buis, abandonnés le matin, les tambourins et les balles de caoutchouc. Il rangea dans une resserre ces jouets qui ne l’amusaient plus, comme on range les pièces d’un déguisement qui doit servir longtemps. Derrière la fenêtre, les yeux de la Pervenche le suivaient, et les gouttes glissantes le long de la vitre semblaient ruisseler de ces yeux anxieux, d’un bleu qui ne dépendait ni de l’étain jaspé du ciel ni du plomb verdi de la mer. »

J’avais du mal à me mettre dans la pensée de l’époque. Je ne suis pas voyeuse mais je m’attendais à ce que l’initiation de Phil soit plus développée, que l’amour adolescent de Vinca et Phil soit plus intense ! Le roman insiste plus sur leur amitié, fraternité car même si on parle d’amour à peine s’il y a un baiser d’échanger (enfin, si on exclut la fin du livre…).

Je pense que je le relirais car pour le moment, je reste sur une impression mitigée… Il faut dire que les conditions dans lesquelles je l’ai lu ne sont pas les meilleures (salles d’attente et attente dans la voiture…).

♥♥♥♥♥

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