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L’enfant des cimetières de Sire Cédric

Pas évident pour moi d’écrire cet article, après ma lecture, j’ai laissé passer un peu de temps pour laisser tout ce que j’avais ressenti se décanter… Au final, je ne suis pas complètement satisfaite mais tant pis.

 J’ai découvert Sire Cédric lors d’une discussion sur Livraddict, je n’ai pas osé participer ne le connaissant pas mais j’ai lu cet entretien et il m’a paru posé, intéressant et il a réussi à m’intriguer, j’ai donc eu envie de découvrir ses livres. Sachant que je pourrais le rencontrer au Festival Trolls et Légendes à Mons, j’ai voulu acheter un de ses romans avant et j’ai choisi L’enfant des cimetières. J’ai toujours aimé les légendes, elles m’accompagnent depuis mon enfance (je ne suis pas bretonne pour rien !) et même si celle de l’enfant des cimetières est apparemment typique du sud, si j’ai bien compris, elle serait issue en partie des légendes de Dames Blanches (très courante par chez moi).

Voici la 4ème de couverture :

Un fossoyeur vivant près d’un cimetière est pris d’une folie hallucinatoire et tue toute sa famille avant de se suicider.
Un adolescent, se croyant poursuivi par des ombres, menace de son arme les occupants d’un hôpital et tue Kristel, une artiste peintre.
David, photo-journaliste – et compagnon de Kristel -, décide de découvrir l’origine de cette vague de meurtres sordides et de suicides, qui ne cessent d’augmenter. Bientôt, il va être confronté à l’inimaginable…

Vous ne connaissez peut-être pas cet auteur donc j’ajoute la présentation donné par Pocket :

Né en 1974, figure de proue d’une nouvelle génération d’auteurs français de thrillers, Sire Cédric construit pas à pas une œuvre originale, mariant fantastique et intrigue policière, avec un sens du rythme et une écriture redoutablement efficace. Il a reçu le prix Masterton pour son roman L’enfant des cimetières, et le prix Polar (festival de Cognac) pour De fièvre et de sang. Son dernier roman, Le Jeu de l’ombre, est publié aux éditions Le Pré aux Clercs.
Sire Cédric vit et écrit à Toulouse, dans le Sud de la France.

Et si vous voulez plus de précisions, allez faire un petit tour sur son site.

Je n’ai pas réussi à le lire avant le Festival et j’avoue qu’après j’ai eu du mal à me décider ! Avoir lu l’entretien sur Livraddict, avoir discuté de ses livres avec Sire Cédric, lire de bonnes critiques un peu partout sur ses écrits… Je me suis rendue compte que j’attendais beaucoup de cette lecture et plus on attend d’un livre plus on a le risque d’être déçu ! Mais je me suis jeter à l’eau : l’envie de découvrir ce livre était plus forte que ma peur d’en être déçue.

Un extrait ? Pas évident de choisir…

David s’assit sur la chaise, le souffle coupé.

Une des toiles représentait une simple sphère bleue, qui semblait si douce, si chaude, si réelle qu’on avait envie de tendre la main pour la toucher. David avait beau savoir que ce n’était qu’un plan en deux dimensions, juste de la peinture sur du tissu, une partie de lui voulait tenir cette sphère dans ses mains, et savait qu’elle serait vivante et palpitante comme un cœur.

Sur un autre cadre, une peinture n’était qu’à moitié achevée. Il s’agissait sans doute du dernier tableau de la série, sur lequel elle était en train de travailler la veille au soir.

Kristel n’avait tracé que des lignes obliques sur cette toile-là. Mais des lignes d’une texture si soyeuse, si limpide, qu’on avait l’impression de les voir sortir du cadre et continuer, vers le sol et vers le ciel, reliant les mondes.

Ces toiles étaient bien plus que les meilleures qu’elle eût jamais peintes. Ces toiles étaient des chefs-d’œuvre, qui absorbaient votre souffle et vous laissaient pantelant, ivre. Comme un chant silencieux et intense. Comme un chant bleu. Il ne pouvait trouver de mot pour les décrire sans tomber dans la poésie.

Comme des éclats de lumière.

C’était ça. De la lumière pure, qu’on avait envie de prendre dans ses mains pour en ressentir la chaleur. Pour se diluer tout entier dans ce bleu. Dans le mouvement incessant de cette musique de lumière bleue.

Comme des éclats de Kristel.

L’atelier tout entier était encore empli d’elle, de son souvenir. Partout où David posait les yeux, il sentait sa présence. Sur chaque chevalet vide, avec chaque pinceau soigneusement aligné. Dans chaque tableau céruléen où le monde semblait pulser, se faire et se défaire.

Pourquoi avoir choisi cet extrait ? Car j’aime le bleu ! J’imaginais très bien ces tableaux et j’avoue que j’aimerai les voir en vrai (s’ils existent) pour voir si mon imagination colle à la réalité. J’aime aussi la relation entre David et Kristel et de tous les personnages, c’est Kristel qui me parle le plus… Je me suis aussi demandée si Sire Cédric peignait en plus d’écrire, sa façon de décrire les tableaux est si précise (ou alors s’il connaissait un(e) peintre).

Pourtant cet extrait ne reflète pas vraiment l’ambiance du roman qui est plutôt sombre alors que cet extrait est lumineux (et ces tableaux reflètent pour moi l’histoire entre David et Kristel).

Je dois aussi ajouter que les impressions de David face à ces œuvres font écho à ce que je ressens souvent face à l’océan… Mais là, je m’égare ! Revenons au roman et à son histoire !

Je comprends que certains passages ont pu choquer des lecteurs, ce n’est pas un livre à mettre dans toutes les mains. L’écriture est efficace, entrainante, sombre, pleine de références (j’adore les « références » musicales de Vauvert) mais aussi souvent charnelle, surtout le prologue.

On m’avait dit que ce livre faisait peur… Et pourtant ce n’a pas été mon cas, ce n’est pas une déception car j’ai été embarqué par l’enquête et Vauvert, je me suis demandée jusqu’où allait la folie de Nathaniel et surtout quelle était son histoire, j’ai ressenti les aventures et les émotions de David, j’ai vraiment apprécié ce mélange réel/fantastique.

Bref la plume de Sire Cédric m’a convaincu et pourtant, il me manque un petit quelque chose pour que ce soit un coup de cœur. Que manque-t-il ? et bien, c’est cela qui me chiffonne, je n’arrive pas à mettre de mots sur ce manque… Ce qui est sûr, c’est que je vais continuer à découvrir le style de cet auteur (De Fièvre et de Sang attend déjà dans ma PAL) !

Et au fait, au cas où vous ne l’auriez pas compris, je vous conseille fortement ce livre et si vous le pouvez : rencontrer l’auteur car nul ne parle aussi bien de ses livres que lui-même !!

♥♥♥♥

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