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Rêve de Martial Caroff

Rêve Martial Caroff Intelligences tome 3

Etrange qu’après l’Antarctique qui me fascine, on passe à l’Australie où je rêve d’aller… Etrange oui et non, si on visualise le globe terrestre on comprend. En tous les cas, voici le 3ème tome d’Intelligences. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre mais la 4ème de couverture nous donne quelques indications :

Darwin, Australie, mai 2038.
Le célèbre archéologue Jacques Kieffer et son amie Carrie-Ann Lilly viennent de découvrir une peinture rupestre aborigène représentant, avec une grande précision anatomique, un être étonnant paré d’étranges ornements corporels. Cette créature a-t-elle réellement vécu sur le continent australien ? Quand a-t-elle disparu ? Pourquoi n’en a-t-on jamais trouvé de traces ?

Le couple, bientôt rejoint par deux collègues, va interroger à plusieurs reprises le jeune Gurraramawuy, qui semble savoir beaucoup de choses. L’homme propose dans un premier temps aux quatre Occidentaux une immersion dans le « Rêve », le fameux corpus spirituel des Aborigènes. À l’issue de cette initiation, le petit groupe est invité à pénétrer dans une extraordinaire arche de cristal, aux couleurs changeantes.
Mais c’est un monde en danger de mort qu’ils découvrent.
Débute alors une course contre la montre pour sauver ce qui peut l’être encore de la plus ancienne des civilisations terrestres.

Un extrait, pas pour le style, vous commencez à connaître l’auteur mais pour vous que vous sachiez où vous mettez les pieds (je devrais plutôt dire les yeux ou l’imagination, ou…) :

Gurraramawuy se tut. Cette fois, Jacques était KO. Tout s’embrouillait dans sa tête : les mythes se mêlaient à l’archéologie, le réel faisait la part du Rêve… Pour rompre un silence qui commençait à se faire pesant, il demanda à quelle époque Bayini était arrivée en terre d’Australie. L’Aborigène lui fit comprendre à travers de nouveaux exemples que le Rêve aborigène était un concept dans lequel le temps ne suivait pas le même théorème que dans le monde des humains.

« Les Ancêtres sont toujours là, dans la terre, sous la mer. Quand les Yolngu dansent, quand les Ngarinyin peignent les Wanjina, quand les Warlpiri parlent, ils transmettent les lois des Ancêtres. Ils créent, sous leur regard. Le Rêve est réseau, mais le temps n’en est pas la trame. Le temps est un trait. Un itinéraire courbe. Parfois circulaire. »

Gurraramawuy se leva. Il s’éloigne du couple en faisant traîner son bâton dans le sable, puis il revint vers eux après avoir effectué une immense boucle. De retour à son point de départ, il souleva le bâton juste avant que le cercle ne se referme.

Gurraramawuy offrit alors à Carrie-Ann et à son compagnon le plus grand sourire qu’un humain fût capable de produire…

Moi, aussi, je me suis retrouvée KO. Ce dernier tome est le moins facile des trois à lire je pense. Toute la mythologie et toute la spiritualité aborigènes ne sont pas évidentes à appréhender. Et les noms sont souvent compliqués… Je suis épatée par les recherches qu’a entreprises l’auteur pour nous faire partager tout cela. Je n’ai pas tout compris, je l’avoue et je pense que je relirai des passages mais ça m’a donné envie d’en savoir plus.

On retrouve les mêmes personnages (Kieffer, Carrie-Ann, Mirà, etc) mais s’y ajoute des Aborigènes et des Meriam et… je vous laisse découvrir les autres !

J’ai été étonnée : le « schéma » utilisé dans les deux premiers tomes a disparu. On avait des enquêtes parallèles qui se rejoignaient, et une petite partie sur la civilisation découverte. Ici, l’enquête scientifique se déroule sur la première moitié du roman et la 2ème, sur la civilisation. Et paradoxalement, moi qui me plaignais (surtout dans le 1er tome) de ne pas en savoir plus sur les résultats des découvertes (la civilisation, l’environnement, …), là, j’aurai aimé que la recherche dure plus longtemps… Le fait que les scientifiques aient été guidés et qu’ils n’aient pas trouvé par eux-mêmes change aussi.

Je ne peux malheureusement pas vous en dire plus car même si la 4ème de couverture en dit déjà beaucoup, parler encore de l’histoire vous en dévoilerait trop. Cependant, j’ajouterai que si ce roman change des deux premiers tomes, il nous embarque dans une drôle d’aventure et d’étranges découvertes et que le tout forme un ensemble très intéressant auquel j’aurai aimé participer (je me demande comment j’aurai réagi…).

 Une citation ? Non, deux !

« Il me déprime à se contenter de ça, en refusant d’imaginer ce qui pour moi est une évidence. »

« Yo manymak ! »

♥♥♥♥

Antarctique de Martial Caroff

Antarctique

Même sans connaître l’auteur, j’aurai pris ce livre dans mes mains. J’adore l’Antarctique donc le titre et la couverture ne pouvaient que me plaire ! Voici la 4ème de couverture :

Dijon, décembre 2037. Le célèbre archéologue Jacques Kieffer reçoit la visite de deux confrères sud-américains, responsables d’un chantier de fouilles en Terre de Feu argentine. Afin d’attiser sa curiosité et d’obtenir sa collaboration, ils lui présentent les vestiges qu’ils viennent d’y mettre au jour. Des objets d’âge inconnu dont les décors témoignent d’un style artistique sans équivalent dans l’Histoire. Kieffer est stupéfait.

Au même moment, en Antarctique, dans la colonie israélienne des Vallées Sèches, Mirà Meir promène ses deux chiens. L’un d’eux découvre un étrange humérus. D’après le paléontologue Yitzhak Goldstein, bientôt dépêché sur place, il s’agirait d’un très ancien fossile de primate…

C’est ainsi que s’amorce une double investigation, l’une archéologique en Amérique du Sud, l’autre paléontologique sur le pourtour du continent austral. Les deux équipes vont accumuler des trouvailles plus fantastiques les unes que les autres, qui les amèneront à se rejoindre dans la Péninsule antarctique.

Ce qui les y attend les fera basculer dans un autre monde…

Pour l’auteur, vous connaissez la procédure ! 😉

Un extrait qui est en fait le début du prologue :

La suie d’une nuit interminable recouvrait la neige, métamorphosant les glaciers et les montagnes en terrils australs, crassiers du Grand Sud.

L’hiver, l’Antarctique est un continent nocturne écorché par le blizzard.

La tempête râpait la calotte occidentale avec sa violence coutumière. Les éléments se choquaient, se réduisant en une poussière de particules abrasives que le vent ivre cognait contre des rocs dénudés, puis projetait tantôt vers les Shetland, tantôt vers la Barrière de Larsen et la Mer de Weddell. Les rafales désorientées hurlaient en cherchant leur chemin dans le gris sombre du labyrinthe des vallées glaciaires, provoquant avalanches et chutes de blocs. Canalisé, le vent atteignait des vitesses affolantes.

Et soudain l’accalmie.

Le blizzard chuta brusquement. Ou plutôt, il prit de la hauteur. Il desserra son emprise sur la neige. Celle-ci, rendue hésitante, ne retomba pourtant pas. Elle continua de saturer l’air, en attente. Le silence ne fut plus troublé que par quelques rafales rageuses et des tourbillons à la trajectoire irrégulière, volutes de poudreuse aspirées par le ciel. La pause dura moins d’une demi-heure, puis la tourmente reprit son travail de sape, emplissant de nouveau l’atmosphère de fureur et de bruit.

J’ai adoré cette description, elle m’a mise dans une ambiance particulière dès le départ ! Et pourtant l’Antarctique n’est qu’un décor pour ce roman, je devrais même dire qu’un des décors.

Comme dans Exoplanète, nous suivons plusieurs « enquêtes » qui vont converger. D’un côté, nous retrouvons Jacques Kieffer qui après ses aventures au Soudan et la découverte d’une civilisation extra-terrestre, s’ennuie un peu en donnant ses cours à l’université (même s’il ne l’admet pas au début). Il n’hésite donc pas à se lancer dans cette nouvelle aventure même si elle se passe en Terre de Feu, contrée éloignée de ses habituels terrains de jeux. De l’autre, une colonie israélienne où le hasard fait qu’un des chiens de Mirà Meir trouve un os qui les amènera à découvrir d’étranges fossiles.

J’ai vraiment été prise par l’histoire. Comme les chapitres alternent les points de vue, on se laisse emporter et comme on veut toujours en savoir plus, connaître la suite, avoir la réponse à nos questions, les pages filent sans qu’on s’en rende compte !

On s’attache aux personnages (personnellement, je me suis plus attachée à l’équipe israélienne, la seule exception est ce fou d’Alsina qui fait aussi partie de mes chouchous !), comme à chaque fois, chacun a son rôle à jouer (bon ou mauvais).

Comment réagirions-nous si nos découvertes bousculaient tout ce qu’on connaît ? On se laisse tellement prendre par l’histoire que tout nous paraît crédible ! Les passages sur la paléontologie et les convergences morphologiques m’ont vraiment intéressée et m’ont presque fait regretter de ne pas avoir plus poussé mes études en paléontologie… ^_^

J’ai trouvé sympa la venue clin d’œil de Marc Chouviac : « après avoir trouvé une intelligence loin dans l’espace et une autre loin dans le temps, il ne reste plus à présent, pour boucler la boucle, qu’à découvrir une civilisation extrahumaine terrestre et… contemporaine. » Nous révèlerait-il le sujet du 3ème tome ? Je vous le dirai bientôt car j’ai hâte de me lancer dans cette lecture !

Je crois pouvoir dire que j’ai préféré ce 2ème tome et comme je vous recommandais déjà le 1er, vous ne pouvez que vous laissez tenter par celui-ci !!

Et cette fois encore, je finirai par une citation :

« Il fallait tuer, éradiquer le souvenir, car se souvenir, c’était retenir ! »

♥♥♥♥♥

Exoplanète de Martial Caroff

Je finirai l’année sur un roman qui me tient à cœur… et que je conseille à tous !

Couverture Exoplanète

Ayant récemment acheté, Rêve, le 3ème tome d’Intelligences, j’ai préféré relire les tomes précédents pour me remettre dans l’histoire. Et vu que je n’avais pas fait d’article sur ma lecture, je répare cette erreur !

Quoi, vous ne savez pas de quoi parle ce roman ?? Allez, voici la 4ème de couverture :

12 janvier 2030. L’information court déjà sur tout le réseau NewNet : depuis 19h32, une nouvelle étoile resplendit dans la constellation d’Orion.

Le mystère s’épaissit le 19 janvier lorsque l’astre s’éteint subitement, pour réapparaître le lendemain soir et devenir, cette fois, l’objet extrasolaire le plus brillant du ciel, visible même en plein jour ! L’observatoire de Meudon est en effervescence. Le médiatique professeur Morgenstern veut être le premier à proposer une explication à ce prodigieux phénomène. Pour cela, il convient de terminer au plus vite la mise au point de l’hypertélescope spatial, un outil révolutionnaire capable de produire des images détaillées de lointains systèmes planétaires.

Dans le même temps, le libraire Marc Chouviac découvre une série d’indices qui lui font penser que l’étoile est déjà apparue dans le passé…

C’est ainsi que débutent deux enquêtes convergentes, l’une scientifique, l’autre historique, qui déboucheront sur la découverte la plus fantastique de tous les temps !

Je ne vais pas vous refaire un topo sur l’auteur, vous pouvez soit lire mes autres articles, soit aller faire un tour sur son site.

J’ai longtemps hésité sur l’extrait à vous mettre… Il m’en fallait un qui ne vous dévoile pas trop l’histoire mais qui tout de même vous montre son originalité. Vous me direz si j’ai bien choisi :

Les deux amis marchaient dans les rues de Tours. Quelques voitures silencieuses déversaient leurs flots de braillards. Depuis l’avènement des piles à combustible, l’atténuation de la pollution sonore des moteurs avait été compensée par un accroissement du tapage vocal. Les villes humaines se devaient d’être bruyantes, c’était l’une de leurs fonctions sociales. Marc se demanda s’il en était de même sur les autres planètes. Il se souvint du chat de Tex Avery qui quittait une Terre trop turbulente à son goût pour la Lune et découvrait là une société encore plus assourdissante…

Ils longeaient le quai d’Orléans, se dirigeaient sans un mot vers leur brasserie préférée, celle de « Matelots d’eau douce ».

La ville était envahie par la foule du samedi soir. Les jeunes prenaient par petits groupes un apéritif d’air pur avant d’aller s’agiter toute la nuit au son du SkyTech. C’était le nouveau genre musical en vogue, une sorte de phrasé délirant et interminable baigné de musique électro-impulsive.

Il y avait toujours quelqu’un sur le quai pour dresser le bras vers Alpha-2 d’Orion. L’astre perçait la constellation opiniâtrement, avec un éclat légèrement supérieur à celui de Rigel.

Et voilà, j’ai fait la partie la plus facile… Maintenant, je dois vous dire ce que j’ai pensé du livre.

Tout d’abord, j’ai été impressionnée par l’originalité de l’histoire. Ce roman est classé en SF, ce qui n’aurait pas dû me plaire et pourtant, je me suis laissée porter ! Il y a certains passages scientifiques comme des descriptions de matériel qui m’ont un peu perdue. Il y avait trop de détails à mon goût et même s’ils peuvent permettre à certains de visualiser, j’ai eu beaucoup de difficultés à imaginer (je dis ça surtout pour tout le système optique décrit à la fin).

Mais parlons plutôt des points positifs et ils sont nombreux !

Comme vous le savez si vous suivez ce blog, les personnages sont importants pour moi. Et ici, nous en avons une jolie galerie… De la belle Astrée au poussiéreux Matricon (que j’ai été heureuse de retrouver, les lecteurs des Cinq Saisons d’Ys me comprendront), de l’aventurier Kieffer au libraire Marc Chouviac, du scientifique imbu de lui-même au révolutionnaire espagnol et bien d’autres encore. Malgré la multitude de personnages, on n’est pas perdu car ils ont tous un caractère particulier et un rôle bien défini. Mais je vous laisse les découvrir et vous faire votre propre avis, chacun peut s’attacher plus ou moins à un ou plusieurs d’entre eux (j’ai un petit faible pour Marc !).

Quant à l’histoire comme il est dit dans la 4ème de couverture, ce sont deux enquêtes qui convergent… Certains trouveront certainement que les pièces se mettent en place trop facilement mais je sais que quand des personnes d’univers différents se rencontrent et fusionnent leurs idées, on trouve les réponses plus rapidement. De plus, le NewNet facilite les recherches !

L’extrait que je vous ai choisi, c’est pour vous mettre en avant les idées de l’auteur, bien sûr il y a le NewNet, le SkyTech (pas sûre que j’apprécie cette musique…), les Unités Flash, etc… et j’aurai pu aussi vous choisir un extrait de la fin pour vous montrer son imagination mais cela en révèlerait trop sur l’histoire. J’aurai aimé en savoir plus sur Tam et Sow, passer plus de temps avec eux…

Comme je vous l’ai dit, c’est une lecture que je recommande ! Et d’ailleurs, j’aimerai avoir l’avis de non-scientifiques sur cette histoire…

Et je finirai par une citation :

J’ai presque honte de me sentir aussi insignifiant, aussi humain, quand je constate ce que sont capables de faire ces êtres lointains, non pas pour me découvrir, mais simplement pour me faire savoir qu’ils existent ! Je suis nul, mais je suis important, puisque l’on veut se montrer à moi !

♥♥♥♥♥

Les pierres qui brûlent, qui brillent, qui bavardent de Martial Caroff & Marion Montaigne & Matthieu Rotteleur

Et voici la 4ème de couverture :

Une pierre brillante tellement dure qu’elle ne peut être rayée que par elle-même.

Un sol qui garde les traces d’une averse vieille de plusieurs millions d’années.

Une météorite qui fait fondre des roches. Ce n’est pas possible ? Mais si !

Les pierres sont des bavardes qui racontent des histoires incroyables :

celles qu’a connues notre planète depuis sa naissance.

Grâce au livre que tu as entre les mains,

tu apprendras à reconnaître les cailloux tout simples qui se trouvent près de chez toi,

tu t’émerveilleras en découvrant des pierres extraordinaires

et tu t’amuseras en lisant d’étonnantes anecdotes.

Suis le guide et ouvre les yeux en grand !

Voici les mots de la maison d’édition pour vous parler de l’auteur :

Martial CAROFF est Maître de Conférences en pétrologie et géochimie magmatiques à l’Université de Brest et auteur de plus de quarante articles scientifiques. Il travaille sur différents chantiers (Polynésie française, Massif armoricain, Portugal, Mayotte bientôt, etc.). Il est par ailleurs auteur de romans historiques et de science-fiction tant en adulte qu’en jeunesse.

(Vous pouvez retrouver mes articles sur d’autres de ses livres : Karl et Ys en Automne)

Et des illustrateurs :

Marion MONTAIGNE est née en 1980 à l’île de la Réunion. Après un Bac ES, elle a étudié l’illustration à l’école Estienne puis le dessin d’animation au Gobelins. Elle est principalement illustratrice et auteure de BD. Elle a publié 4 bandes dessinées (chez Lito, Bayard et Sarbacane). Elle travaille régulièrement pour la presse et l’édition jeunesse (Bayard, Milan, Lito, Nathan, etc.) et est aussi scénariste sur le dessin animé Mandarine & Cow (saison 2, France 3).

Matthieu ROTTELEUR : «Comme tous les enfants, je dessinais très bien. Je ne me suis pas arrêté depuis, mais le résultat est de moins en moins bon. J’insiste. Je cherche à droite, à gauche. Je voyage entre les domaines de l’illustration et de l’animation. J’explore avec un pinceau, des crayons, ou une paire de ciseaux à la main. Je sonde entre le réel et l’imaginaire, le sérieux et l’absurde, la routine et l’imprévu…»

J’ai été agréablement surprise par cet ouvrage ! Au départ, j’ai eu peur qu’il soit plus pour les enfants mais dès les premières pages, on comprend que ce livre s’adresse à tous !

Le ton est très agréable et chaque double page est découpée de la même façon : une explication sur les roches, des dessins les montrant, « Où les trouve-t-on ? » puis « Un peu de science », « La petite histoire » et « Le saviez-vous », le tout ponctué de dessins humoristiques. (dont voici des exemples : pages 50 et 25)

On a donc des informations diverses et variées qui nous apprennent plein de choses ! J’ai toujours aimé les anecdotes et je trouve qu’elles sont bien utilisées : elles rajoutent de l’information dans d’autres domaines que la géologie sans pour autant nous perdre ou nous noyer.

Niveau illustrations, je suis un plus mitigée… Si j’admire la qualité du travail de Matthieu Rotteleur, j’aurai parfois préféré avoir des photos au lieu de dessins. Pour les dessins humoristiques de Marion Montaigne, je suis moins cliente de ce genre d’illustrations, bien sûr certaines m’ont fait sourire mais je ne les ai que moyennement appréciées.

En tous les cas, un livre que je conseille à tous, petits et grands, que vous vouliez découvrir la géologie ou approfondir vos connaissances. Ce livre est très bien fait, intéressant, ludique et instructif.

♥♥♥♥

Trilogie noire, tome 1 : Karl de Martial Caroff

J’étais contente quand j’ai appris que Martial Caroff sortait un nouveau livre même si je ne savais pas si celui-ci me plairait vu qu’il est classé dans les polars pour ados… Je suis loin d’être séduite par la couverture mais bon, je connais l’auteur alors je passe à la 4ème de couverture :

Vaison-sur-Marne, dans le 9-4, un matin d’automne. Karl, lascar flirtant avec la délinquance, traverse le marché en compagnie de ses deux potes Mo et Tony. Ils se retrouvent bientôt au commissariat. Karl y rencontre Ronan, fils de flic d’origine bretonne, mal dans la capitale, bien dans ses rêves. Puis sa route croise celle de Layla, fille d’une sculptrice libanaise et d’un riche marchand d’art parisien. Le hasard mènera ces trois-là dans les rues de Vaison. Dans un piège. Un piège mortel.
Ils n’auront que quelques heures pour en sortir.

Martial Caroff est un auteur que je suis depuis Ys en Automne… Mais je l’avoue que j’aurai du mal à vous le décrire je préfère donc reprendre les mots de l’éditeur pour vous le présenter :

Géologue, Martial Caroff a exploré de nombreuses voies romanesques, dont le roman policier (Les cinq saisons d’Ys, Terre de Brume, 2007), la science-fiction (Exoplanète et Antarctique, Terre de Brume, 2009 et 2010) et le roman historique pour la jeunesse (Sanglante comédie et Les Profanateurs, Gulf Stream, 2011 et 2012).

Un extrait ?

Tony vient d’être relâché après avoir passé la nuit derrière les barreaux. Il est avec Karl dans la ruelle des planques. Mo fait le guet. Tony et Karl n’ont pas reparlé de l’incident de la veille dans les locaux des flics. Ca restera comme un bloc de silence entre eux. Pour le moment, leur ancienne amitié est la plus forte. Elle leur cloue les lèvres.

Tony se penche pour retirer la pierre masquant son butin. Il saisit le sac, l’ouvre…

– Fait iech ! s’exclame-t-il. Le keuss est vide ! On nous a barbé la fraîche et la quinquaill’ ! Y a plus rien !

Et il renverse le sac pour convaincre Karl. Mais celui-ci s’en fiche. Alerté par les exclamations, Mo s’approche.

– Vide ! répète Tony en lui montrant l’objet devenu inutile.

Il pose un regard mauvais sur ses deux cipotes.

– La vérité ou j’mens ? Y avait qu’vous deux à savoir, non ?

– Oh ! Oh ! Mollo ! réagit Karl. Tu vas où là ? Y a jamais eu de gruge entre nous, Tony ! Tu le sais, ça, non ? Même quand tu nous engrènes, jamais on t’fait du croche-iep ! Mo, dis-lui qu’on est clean, à çui-là !

– Clean de chez Monsieur Propre ! Te jure, Tony !

Karl commence à s’échauffer.

– On doit s’défendre, maintenant ? grogne-t-il. On est chelous pour toi ? C’est quoi ces nouvelles enfoirades que tu nous fais, Tony ? Tu nous traites, là ! Tu m’fais devenir vénèr’vec tes concetés !

Mais Tony n’en démord pas.

– Y avait qu’vous deux à savoir ! répète-t-il d’une voix sourde, lourde de menaces.

– Fait iech ! explose Karl. Viens Mo ! On s’casse ! Laisse-le avec sa dinguerie ! Y en a marre !

J’ai choisi cet extrait au hasard mais il montre ce qui m’a gêné. Bien sûr le roman se passe en majorité dans les cités avec de la « racaille » donc logique que l’auteur utilise ce langage mais il m’a gêné. Je vous rassure tout le roman n’est pas comme ça et j’ai apprécié ma lecture. L’auteur a une écriture très imagée et ses descriptions sont très poussées. Les personnages sont intéressants et bien travaillés même si ce tome s’intéresse surtout à Karl. J’ai été touchée par Layla à la personnalité bien trempée mais aussi par la naïveté de Ronan dont l’envie de grands espaces et son attachement à ses racines font que c’est le personnage qui me ressemble le plus ! Karl m’intrigue, il vaut absolument s’en sortir mais je ne veux pas trop vous en dire…

J’ai été étonnée de la structure du trafic des cités, cela fait un peu société secrète mais je vous laisse découvrir par vous-même !

Donc ce livre est sensé être un polar pour ado, cependant je l’ai trouvé dur et sombre (et vu l’extrait du tome 2, la suite est sur le même ton si ce n’est plus noir…) alors le lire à partir de 13ans, j’ai un doute… Mais il est vrai que je ne sais plus trop ce qu’on lit à cet âge.

Pour résumé, une lecture que j’ai apprécié malgré la couverture et le langage des cités utilisé et j’ai hâte de connaître la suite.

♥♥♥♥

Les Quatre Saisons d’Ys : Ys en Automne de Martial Caroff

Voici un article que je rapatrie d’un de mes blogs. Je n’ai pas vraiment réussi à le construire mais je le laisse tel quel ! Je ne sais pas si je m’en tiendrais à la 1ère saison ou si je ferais d’autres articles pour les suivantes ! Si vous avez des questions n’hésitez pas, je serais peut-être plus à l’aise à y répondre qu’à faire cet article !

Les personnages principaux :

Quentin Le Louarn…

Son environnement que ce soit sa maison, son bureau, sa copine le décrit aussi bien qu’une simple description. C’est un thésard en paléontologie qui va se retrouve mêlé à l’enquête car le 1er cadavre était l’une de ses connaissances, que son esprit de déduction va aider les flics et qu’il est un des seuls à supporter Bruno Krafft !

Extrait du livre :

Puis il releva son long torse maigre en baillant et jeta un regard circulaire dans sa petite chambre engorgée où les polars s’élançaient en colonnes branlantes vers l’infâme plafond flavescent, où des ouvrages historiques et philosophiques jonchaient le dallage caramel, où béaient des placards sans porte dans lesquels l’intégrale de Buck Danny accompagnait les 543 premiers numéros du Journal de Mickey… Une telle quantité de bouquins, classeurs et papiers divers couvraient les murs que l’on ne distinguait plus le motif de la tapisserie, ce qui valait d’ailleurs mieux. Divers objets innommables s’empilaient sur la grande table en Formica qui faisait généralement office de bureau, mais savait aussi se transformer parfois en lit d’amour… pressé. Au total, ce n’était pas un franc désordre, mais plutôt une manière de rangement personnalisé.

Satisfait de son coup d’œil, il se leva d’un bond, se coula dans son jean bimensuel et couvrit sa maigre poitrine de tousseux du sweat hebdomadaire, décoré d’un Obélix débonnaire. Il traversa au pas de course un salon qu’ancrait une gigantesque cheminée antédiluvienne, un salon aussi engorgé de bouquins que l’était la chambre et où trônait, au centre d’une étagère réservée, un Rabelais illustré du XVIIIè siècle qu’il avait payé un prix fou lors d’une vente spécialisée à Quimper. Il se prépara dans le coin cuisine un bol de café qu’une fois chaud il conduisit dans la salle à manger attenante pour y tremper ses deux tartines-beurre-demi-sel-plus-confiture-de-mûre-faite-par-maman. On a ses habitudes. Un petit coup d’eau fraîche sur le duvet facial mode Gainsbourg et le voilà parti.

Bruno Krafft…

Difficile à cerner ce personnage… Même en rassemblant petit élément par petit élément qui sont éparpillés dans le livre, il est difficile de s’en faire une image ! On croit l’avoir compris et un élément nous fait changer de vision… C’est un lorrain perdu en Bretagne donc difficile pour lui d’enquêter surtout sur des crimes qui ont l’air d’avoir un rapport avec d’anciennes légendes bretonnes ! Heureusement que son collègue Jacky Le Moine et Quentin sont là pour le guider.

Extrait du livre :

Ils descendirent en même temps. L’un fit claquer la portière, l’autre la referma délicatement. De taille moyenne tous les deux, ils étaient pourtant parfaitement dissemblables. Jacky était habillé, rasé, peigné avec soin : pompes cirées perméables, costard-cravate et raie à gauche sous un ciré ruisselant. Bruno, lui, était efflanqué comme un loup à la sortie de l’hiver et godillé comme l’as de pique. Depuis des grolles dégueulasses de docker, s’élançait un jean délavé et déchiré vers une pelure en cuir noir écaillé, au pinacle duquel brillait l’extrémité d’une gitane maïs, ceinte d’une courte barbe sombre. Et des yeux ardoisés, sous une tignasse en broussaille, brûlaient.

Sur le site internet consacré à l’auteur, et même pour ceux qui le connaissent un peu l’auront remarqué, on explique que Martial Caroff est un mélange de ses deux personnages. Je confirme ! et que ça soit physiquement ou psychologiquement ainsi que dans les centres d’intérêts et les notions de rangements !

Un passage que j’aime beaucoup :

Une fois dehors, la pluie les accueillit à gouttes redoublées.

– On fait quoi maintenant ? s’enquit Jacky.

– On va chez le Dédé, rue des Palais.

En voyant la moue que fit son ami, il ajouta :

– Ne me dis pas que trois gouttes de pluie te font peur, à toi, l’habitant de cette ville d’eau, à toi, dont chaque radicelle de la lignée trempe dans cette terre palustre, en permanence baignée par la mer et arrosée par les cieux ?

Il saisit tout à coup son collègue par les bras et, le secouant comme un prunier, il se mit à crier :

– Et là aussi, dans le sol, le sous-sol, sur ces pavés, dessous, partout, de l’eau partout. Pourtant (il lui prit une poignée de cheveux), pourtant, te débarrassera-t-elle du sang qui te poisse la tête depuis hier, Breton ?

Bruno tint de ses deux mains les pans de son blouson écartés et offrit son corps et son visage tourmenté à la pluie.

Puis il s’apaisa tout aussi soudainement qu’il s’était excité. S’approchant de Jacky, il lui murmura à l’oreille :

– Tu sais, il y a quelque chose de vraiment sale ici, quelque part, dans la tête de quelqu’un. Et pour nettoyer ça, même les eaux mêlées du ciel et de la mer ne suffiraient pas.

Puis :

– Allez, viens. Fais pas gaffe, je commence à débloquer.

Il ajouta en regardant les eaux gonflées du large :

– Pourvu que la digue n’en fasse pas autant…

4ème de couverture :

En ce jour d’automne 2001, il ne pleut pas sur la Ville d’Ys. Antoine de Nervèze, Professeur de littérature grecque à l’Institut de Recherche sur les Langues et les Civilisations Disparues (IRLCD), interprète la mort de Socrate sur la scène du Grand Amphi. Totalement pénétré de l’esprit du philosophe, il prononce ses dernières paroles avant de mourir comme lui, empoisonné.

Et ce n’est que le début : d’autres morts suivront, toutes aussi mystérieuses…

C’est alors que déboule le lieutenant Krafft dans sa bagnole noire, serrant dans son étau labial un cadavre de clope couleur bile qui, lamentablement, gît sur son menton… Le sombre policier résoudra-t-il l’énigme qui s’offre à lui ? Sans doute mais ce sera difficile. D’autant plus que les impulsions de l’assassin semblent trouver leur source dans les brumes du lointain passé de l’ancienne Ville d’Ys, à l’époque où Dahut, la princesse maudite, reçut du Ciel le prix de ses errements. L’irascible enquêteur sera épaulé par Quentin Le Louarn, un jeune paléontologue féru de littérature ancienne, qui se chargera de découvrir les motivations symboliques de la monstrueuse réincarnation. »

Premier volet d’une tétralogie intitulée Les Quatre Saisons d’Ys, ce premier volume est peuplé d’étonnants personnages aux extravagantes activités. Roman iconoclaste, il s’ouvre par une plongée dans un VIè siècle légendaire, se poursuit par une enquête policière enfumée, ponctuée de crimes déments, avant de se perdre, en pleine tempête, dans une hallucinante course poursuite autour des bassins mythiques de la Nouvelle Ys.

Jeune enseignant-chercheur à l’Université de Bretagne Occidentale, Martial Caroff est spécialisé dans l’étude des magmas. Ys en Automne est son premier roman.

♥♥♥♥♥

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