Articles tagués ‘Bonheur’

En cas de bonheur de David Foenkinos

J’ai déjà lu La Délicatesse de cet auteur car il avait été chaudement recommandé par Revelation et depuis je voulais lire d’autres ouvrages de Foenkinos. J’ai donc été ravie quand Livraddict et les éditions J’ai Lu ont proposé ce livre en partenariat et je les en remercie.

J’ai l’habitude de vous mettre les 4ème de couverture sauf qu’ici, la 4ème n’est en fait que les avis d’Erik Orsenna et de Nathalie Vallez qui même s’ils sont enthousiastes ne nous apprennent pas grand-chose sur l’histoire.

Pour l’auteur, vous pouvez vous référer à mon article sur La Délicatesse.

Le style de l’auteur est toujours simple, fluide et agréable, voici tout de même quelques extraits ou citations :

« Sa gaucherie la rassurait sur un autre point important : c’était sûrement la première fois. Et elle n’avait pas tort. Par moments, elle était prise du désir de le prendre dans ses bras, de lui dire qu’elle l’aimait, de lui dire qu’elle savait tout, et que rien de tout ça n’était grave. »

« La façon qu’elle avait eu d’être si légère, si heureuse, si douce, si amicale, si tendre, si positive, si émouvante, si intellectuelle, si rebelle, si majeure, rendit fou Jean-Jacques. Ce moment qu’il venait de vivre, il était capable de le saisir dans toute sa lourdeur du temps. Il voulait le revivre encore et encore, et plusieurs fois encore. Il n’eut pas la force de venir l’embrasser, de venir l’aimer. Heureux comme jamais il n’avait été heureux depuis Genève ; c’était ici un nouveau Genève. Et rien ne pouvait l’effrayer davantage. Son futur terrible se projetait en lui, dans des ombres imprécises. Personne ne savait que faire en cas de bonheur. On avait des assurances pour la mort, pour la voiture, et pour la mort en voiture. Mais qui nous protégera du bonheur ? Jean-Jacques venait de comprendre que ce bonheur, en devenant si fort, était la pire chose qui pût lui arriver. »

« Sa vie sentimentale était Hiroshima, et tout le monde s’en foutait. On passait, on repartait, sans même lui demander son avis. Claire et Jean-Jacques avaient des malheurs de gens heureux ; alors qu’elle, elle passait sa vie à essayer de parsemer de petits bonheurs ridicules sa vie malheureuse. »

La plume de l’auteur est toujours aussi agréable ! Comment rendre une histoire pathétiquement banale, intéressante ? Demandez-le à David Foenkinos ! En effet, quoi de plus banal qu’un homme qui trompe sa femme à cause de la monotonie de son couple… Et pourtant… La façon dont Claire quitte son mari et surtout le pourquoi ! Comment chacun va gérer sa rupture. Tout cela est traité avec style et humour !

Une jolie galerie de personnages même si j’avoue avoir eu un peu de mal avec Jean-Jacques, j’ai beaucoup d’affection pour Claire mais aussi pour Sabine, Igor, Ibàn et même pour Renée.

Le sujet est bien traité : on essaye de préserver les enfants, de faire bonne figure même quand c’est la déprime totale, il y a les amis qui essayent de vous aider et qui parfois font plus de mal que de bien, les collègues qui ne savent pas comment réagir, etc…

Mais si j’ai apprécié ma lecture, j’ai tout de même préféré La Délicatesse, peut-être parce que je connaissais déjà le style de l’auteur et que ce n’était  plus une découverte ? Et que j’ai quelques bémols à ajouter pour ce roman : un rebondissement, étonnant certes, mais un peu tiré par les cheveux, un flou sur l’histoire de Renée et René (sur la fin surtout) et une fin… Une happy end sans être vraiment une happy end… qui m’a en tous les cas laissé une impression bizarre !

Je pense donc continuer la découverte de cet auteur pour voir s’il garde son style particulier et si tous ses romans sont aussi agréables mais aussi pour voir si je vais enfin trouver une fin que j’apprécie !

♥♥♥♥♥

Publicités

Au bonheur du matin de Marie-Paule Armand

Voici un livre que j’ai beaucoup aimé !! J’aime bien les romans dits « régionaux » mais généralement je reste dans ma région ! Mais là, je suis tombée « amoureuse » de la couverture !

4ème de couverture :

Orpheline à six ans, Rosalinde a très tôt, deviné toute l’étendue de la méchanceté humaine, de la bonté aussi. Elle vit dans le pays de Pévèle, à Orchies, où se fabrique la chicorée Leroux. Mais, en 1914, la ville est incendiée par les Allemands. Rosalinde trouve alors refuge chez son grand-père.

Elevée sans tendresse par celui-ci, elle devient « apiéceuse » – couturière à domicile -, comptant sur son mariage avec un ami d’enfance pour combler tous ses rêves. Mais son cœur va en décider autrement. Le regard de ce jeune homme croisé le jour de ses noces, jamais elle ne l’oubliera. Dès cet instant, Rosalinde sait que cet homme l’attendra toujours et qu’elle lui appartiendra…

« Une belle histoire romantique aux accents du terroir » Le Nord

« … Marie-Paule Armand captive par son roman nostalgique et poignant. » Ouest France

Un petit aperçu de l’auteur que je ne connaissais pas du tout :

Marie-Paule Armand habite une petite ville du Nord. Auteur incontournable de ce département, sa renommée s’étend aussi à la France entière. Après des études universitaires à la faculté de Lille, elle fut enseignante en mathématiques à l’école publique pendant dix ans avant de s’engager dans la voie de l’écriture. Son premier roman, La poussières des corons (prix Claude-Farrère), écrit à la mémoire de son grand-père, mineur, paraît en 1985. De livre en livre, son succès se confirme (avec, entre autres, Le vent de la haine, 1987 ; Le pain rouge, 1989 ; Nouvelles du Nord, 1998 ; L’enfance perdue, 1999 et Un bouquet de dentelle, 2001). Son dernier roman, Le cri du héron, est paru en 2004 aux Presse de la Cité.

Le roman se passe pendant la guerre, ça faisait longtemps que je n’avais pas lu de livre sur cette période. On suit avec plaisir cette petite fille, Rosalinde, dans ses « aventures », on sourit avec elle, on pleure avec elle ! Sans connaître cette guerre, on peut facilement comprendre ce que ressentaient les personnages tant le style nous emporte ! Je vous en met un extrait :

Après avoir réquisitionné le bétail et le blé chez les agriculteurs, ils obligèrent ceux qui possédaient une bicyclette à la porter à la Kommandantur. Théo, qui en possédait une, confia à voix basse à mon grand-père qu’il l’avait démontée et qu’il en avait enterré les différentes pièces dans son jardin.

– Je ne sais pas comment je la retrouverais, conclut-il. Peut-être sera-t-elle rouillée et hors d’usage. Mais, en tout cas, ils ne l’auront pas.

Ils visitèrent les maisons et prirent du linge, des ustensiles de cuisine, parfois même des meubles. Un jour, je rentrai de l’école et trouvais Césarine à la fois effondrée et furieuse :

– Ils m’ont pris mes draps ! Mes beaux draps brodés ! Et on n’a même pas le droit de protester !

Chez mon grand-père aussi, ils avaient emporté plusieurs choses, dont la grande glace qui ornait le dessus de la cheminée, dans sa chambre. Je courus jusqu’à la petite table de nuit, l’ouvris. Mes deux jouets n’avaient pas bougés. Je pris ma poupée, la palpai avec des doigts rendus fébriles par l’anxiété. Je poussai un soupir de soulagement : sous le tissu, ma pièce d’argent était toujours là.

Un roman que j’ai dévoré et que je recommande chaudement ! J’en lirais sûrement d’autres de cet auteur !

♥♥♥♥♥

Nuage de Tags