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Le blé noir de Colette Vlérick

Je cherchais un V pour mon défi ABC…. Je suis tombée sur ce livre… Il y en avait plusieurs de cet auteur (d’ailleurs j’en ai acheté 2), ce sont des romans « régionaux ». J’ai pris celui là par hasard, voici la 4ème de couverture :

C’est au début de l’autre siècle, au creux d’une petite vallée de Bretagne, dans la pénombre d’un vieux moulin. Jean Salaün, le meunier, apprend à sa petite-fille le métier de ses ancêtres. Emerveillée, elle entend l’écoulement du grain, le chant des meules, des roues et des trémies, elle découvre les mystères de cette délicate mécanique qu’un peu d’eau suffit à mettre en mouvement.

Passent les guerres, les amours, les bouleversements techniques et sociaux. Sur le Kanol comme sur les autres rivières, les moulins se taisent peu à peu, mais la cascade de Marie continue la même chanson. Trois siècles que cela dure et à Vieux Moulin nul n’a perdu de vue l’essentiel : surveiller la farine de blé blanc ou noir, à la finesse et au parfum incomparables…

« (…) un portrait passionné de Finistère d’hier et d’aujourd’hui. » La Maison de la Presse

Je ne connaissais pas l’auteur, peut-être que vous non plus :

Colette Vlérick a déjà publié quatre romans : La fille du goémonier, récompensé par le prix Bretagne 1998, Le brodeur de Pont-L’Abbé, où elle fait revivre avec talent le grande tradition bretonne des brodeurs et La marée du soir, qui évoque la pêche à la sardine à Quiberon et à Belle-Ile dans les années trente. Dans son quatrième ouvrage, Le blé noir, elle retrace le quotidien de trois femmes qui vivent l’évolution de la meunerie dans le nord du Finistère. Qu’elle s’attache à faire revivre des métiers oubliés ou disparus, à décrire des coutumes et une époque aujourd’hui révolues, Colette Vlérick s’appuie toujours sur une documentation rigoureuse pour écrire avec succès des romans qui témoignent de son goût pour le détail. Traductrice de profession, Colette Vlérick découvre le Finistère dans les années 1970 et décide de s’y établir en 1996. Elle vit actuellement à Plouguerneau, au pays des abers.

J’ai beaucoup aimé le style et l’histoire, peut-être parce que je connais un peu le coin… J’aime cette histoire sur les moulins, sur des anciens métiers, cette saga familiale, cette capacité d’adaptation, cette solidarité…

Voici un extrait :

« – Tu n’entends donc rien ? répéta-t-il.

Elle rougit.

Le rouet à taquets du fer de meule faisait entendre un tac-tac trop rapide ; le moulin tournait trop vite, il fallait le ralentir.

Marie ne dit rien et remonta à toute vitesse à l’étage pour ajouter du grain dans la trémie par l’ouverture pratiquée dans le plancher puis redescendit quatre à quatre régler la tension de la cordelette de l’auget C’était pourtant simple, pensa-t-elle. La meule devait tourner à environ cent tours à la minute, cent vingt tours au maximum. Pour la freiner, il fallait l’alimenter en grain. Elle avait versé un sac de cinquante kilos dans la trémie, il lui restait à régler la quantité de grain qui descendait de la trémie entre les meules par le manchon de l’oeillard, l’ouverture centrale des meules. Elle détendit légèrement la cordelette de l’auget, qui s’abaissa, et le débit du grain en fut augmenté.

– Encore un peu, dit Jean Salaün.

Elle obéit et la roue à taquets, qui heurtait l’auget en tournant, reprit son rythme normal.

– N’oublie pas que tu dois travailler à l’oreille pour ne pas avoir d’ennuis, conclut-il. »

Seul bémol la trop grande profusion de détails parfois… Cela a du demandé énormément de recherches pour l’auteur mais cela noie un peu le lecteur, surtout quand on ne connait pas du tout le domaine expliqué… Mais je vous le conseille tout de même !

♥♥♥♥

Le blé en herbe de Colette

J’ai acheté ce livre pour combler mes lacunes culturelles ! Je n’avais jamais lu aucun livre de Colette et il paraît que celui-là est presque un « classique » donc…

Mais je commence à croire que malheureusement les « classiques » ne sont pas faits pour moi… Bon, celui-ci ne m’a pas déplu, c’est déjà ça ! hihihi Commençons par le commencement, la 4ème de couverture :

« Toute leur enfance les a unis, l’adolescence les sépare. »

Phil, 16 ans, et Vinca, 15 ans, amis de toujours, passent leurs étés en Bretagne. Tout naturellement, l’amour s’installe entre ces deux complices inséparables, un amour qui grandit plus vite qu’eux. Et cet été-là, Vinca et Phil découvrent leurs différences et leurs incompréhensions. L’insouciance et la confiance font alors place à la souffrance et à la trahison.

Ces amours adolescentes révèlent à Vinca et à Phil ce qu’ils sont désormais et ne seront jamais plus. Et ces vacances s’achèvent sur un adieu à l’enfance, amer et nostalgique.

Avec délicatesse, Colette excelle à évoquer l’éveil de la sensualité, la douloureuse initiation à l’amour et à la vie.

Vous connaissez tous le nom de Colette mais savez-vous vraiment qui elle est ? Alors juste un petit mot sur elle :

Sidonie Gabrielle Colette (1873 – 1954)

Romancière française, son œuvre est une célébration sensuelle et passionnée de la nature et des relations humaines. On lui doit la série des Claudine, qui firent scandale au moment de leur parution, et des romans sous forme de feuilletons, notamment Chéri, Le blé en herbe, Gigi.

Certaines scènes sont très bien écrites et m’ont emportée, je vous mets donc un extrait :

« La grande marée d’août amenant la pluie emplissait la fenêtre. La terre finissait là, à la lisière du pré sableux. Encore un effort du vent, encore un soulèvement du champ gris labouré d’écumes parallèles, et la maison, sans doute, voguerait comme une arche… Mais Phil et Vinca connaissaient la marée d’août et son tonnerre monotone, la marée de septembre et ses cheveux blancs échevelés. Ils savaient que ce bout de prairie demeurait infranchissable, et leur enfance avait nargué, tous les ans, les lanières savonneuses qui dansaient, impuissantes, au bord rongé de l’empire des hommes.

Phil rouvrit la porte vitrée, la referma avec effort, fit tête au vent et tendit son front à la pluie fine, vannée par la tempête, la douce pluie marine un peu salée qui voyageait dans l’air comme une fumée. Il ramassa sur la terrasse les boules cloutées d’acier et le cochonnet de buis, abandonnés le matin, les tambourins et les balles de caoutchouc. Il rangea dans une resserre ces jouets qui ne l’amusaient plus, comme on range les pièces d’un déguisement qui doit servir longtemps. Derrière la fenêtre, les yeux de la Pervenche le suivaient, et les gouttes glissantes le long de la vitre semblaient ruisseler de ces yeux anxieux, d’un bleu qui ne dépendait ni de l’étain jaspé du ciel ni du plomb verdi de la mer. »

J’avais du mal à me mettre dans la pensée de l’époque. Je ne suis pas voyeuse mais je m’attendais à ce que l’initiation de Phil soit plus développée, que l’amour adolescent de Vinca et Phil soit plus intense ! Le roman insiste plus sur leur amitié, fraternité car même si on parle d’amour à peine s’il y a un baiser d’échanger (enfin, si on exclut la fin du livre…).

Je pense que je le relirais car pour le moment, je reste sur une impression mitigée… Il faut dire que les conditions dans lesquelles je l’ai lu ne sont pas les meilleures (salles d’attente et attente dans la voiture…).

♥♥♥♥♥

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