Archives de la catégorie ‘SF’

Saga « L’épreuve » de James Dashner

Couverture L'épreuve, tome 1 : Le labyrintheCouverture L'épreuve, tome 2 : La terre brûléeCouverture L'épreuve, tome 3 : Le Remède mortel

J’ai découvert ces romans grâce à ma sœur. Elle voulait offrir le 1er tome à notre maman mais j’étais plus dubitative vu que pour moi, c’était un livre pour ado. Elle continuait à m’en parler, je le lui ai donc offert pour son anniversaire. Elle l’a adoré, elle l’a prêté à notre maman qui a adoré… Je le lui ai donc emprunté mais mon avis reste plus mitigé…

Mais j’ai tout de même lu les trois tomes ! ^_^

Ces livres se lisent très rapidement, c’est vrai. L’histoire n’est pas inintéressante mais je n’ai pas été accrochée. Peut-être parce que les héros sont des ados et que je n’arrivais pas à m’identifier à eux.

Pour moi, le meilleur tome reste le premier, le mystère qui plane sur ce labyrinthe est tout de même intrigant : voir comment chacun trouve sa place dans la communauté, etc… J’avais un peu de mal à me représenter les griffeurs mais à part ça, je l’ai trouvé bien écrit et bien sûr les questions qu’il nous reste à la fin nous donne envie de connaître la suite. Cependant si ma sœur n’avait pas eu les tomes suivants, je me serai arrêtée là.

Mais j’avais besoin lecture facile donc je me suis laissée entraîner dans la lecture du 2ème et 3ème tomes.

Que j’ai lu assez rapidement mais difficile d’exprimer mon ressenti. On a envie de s’attacher à ces ados qui passent par tant d’épreuves, on se demande pourquoi on leur inflige tout ça mais je les ai suivi sans être impliquée. J’aurai aimé en savoir plus sur leur univers, leur passé, leur futur, avoir plus de réponses mais non…

Sûrement parce que ce n’est pas le but de cette saga et c’est pour ça que je me dis qu’elle n’était pas faite pour moi. On va dire que c’est une lecture de vacances, simple, sans réflexion mais même si j’avais envie d’une lecture facile, ce n’est pas tout à fait ce dont j’avais besoin.

Est-ce que je recommande ces lectures ?? J’ai envie de dire pourquoi pas (surtout le 1er tome) mais sans plus…

♥♥♥♥♥

Une aventure d’Alexia Tarabotti, Le Protectorat de l’ombrelle, tome 1 : Sans âme de Gail Carriger

Couverture Une aventure d'Alexia Tarabotti, Le Protectorat de l'ombrelle, tome 1 : Sans âme

J’ai choisi ce livre lors d’une opération « 1 offert pour 2 livres de poche achetés » car j’en avais entendu parler. En plus, je trouve la couverture sympa, même si je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Voici la 4ème de couverture :

Alexia Tarabotti doit composer avec quelques contraintes sociales. Primo, elle n’a pas d’âme. Deuxio, elle est toujours célibataire et fille d’un père italien, mort. Tertio, elle vient de se faire grossièrement attaquer par un vampire qui, défiant la plus élémentaire des politesses, ne lui avait pas été présenté. Que faire ? Rien de bien, apparemment, car Alexia tue accidentellement le vampire. Lord Maccon – beau et compliqué, Écossais et loup-garou à ses heures – est envoyé par la reine Victoria pour enquêter sur l’affaire. Des vampires indésirables s’en mêlent, d’autres disparaissent, et tout le monde pense qu’Alexia est responsable. Découvrira-t-elle ce qui se trame réellement dans la bonne société londonienne ? Qui sont vraiment ses ennemis, et aiment-ils la tarte à la mélasse ?

Ce livre semble mêler humour et fantastique, parfait pour les vacances.

J’ai bien aimé le ton du roman et les personnages sont drôles et intéressants. Miss Alexia a du caractère, elle est intelligente, elle n’a pas sa langue dans la poche, elle sait se servir d’une ombrelle et elle ne respecte pas les canons de beauté de l’époque, elle est donc vieille fille mais qu’importe. Son plus gros problème est sa famille qui ne la comprend pas et la dévalorise tout le temps.

Le jeu qu’elle joue involontairement avec lord Maccon est agaçant. Elle se retrouve malgré elle plongée dans des intrigues qui la dépassent mais dont elle va bien tirer son épingle du jeu et ce grâce à une galerie de personnages atypiques comme elle. J’ai beaucoup aimé Lord Akeldama, le professeur Lyall et le majordome Floote et bien sur lord Maccon.

Il faut s’habituer à cet univers de surnaturel et paranaturel, de vampires et de loups-garous, de drones et de porte-clés mais on s’y retrouve assez vite.

J’ai apprécié ma lecture et je me demande si je ne vais pas continuer ma découverte de cette saga.

Cependant, il y a des « passages osés » (Alexia est vieille fille, elle se retrouve dans des situations auxquelles elle n’est pas préparé) qui ne sont pas nécessaires (notamment la dernière) qui me fait dire que ce livre ne doit pas être mis entre toutes les mains…

♥♥♥♥♥

Rêve de Martial Caroff

Rêve Martial Caroff Intelligences tome 3

Etrange qu’après l’Antarctique qui me fascine, on passe à l’Australie où je rêve d’aller… Etrange oui et non, si on visualise le globe terrestre on comprend. En tous les cas, voici le 3ème tome d’Intelligences. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre mais la 4ème de couverture nous donne quelques indications :

Darwin, Australie, mai 2038.
Le célèbre archéologue Jacques Kieffer et son amie Carrie-Ann Lilly viennent de découvrir une peinture rupestre aborigène représentant, avec une grande précision anatomique, un être étonnant paré d’étranges ornements corporels. Cette créature a-t-elle réellement vécu sur le continent australien ? Quand a-t-elle disparu ? Pourquoi n’en a-t-on jamais trouvé de traces ?

Le couple, bientôt rejoint par deux collègues, va interroger à plusieurs reprises le jeune Gurraramawuy, qui semble savoir beaucoup de choses. L’homme propose dans un premier temps aux quatre Occidentaux une immersion dans le « Rêve », le fameux corpus spirituel des Aborigènes. À l’issue de cette initiation, le petit groupe est invité à pénétrer dans une extraordinaire arche de cristal, aux couleurs changeantes.
Mais c’est un monde en danger de mort qu’ils découvrent.
Débute alors une course contre la montre pour sauver ce qui peut l’être encore de la plus ancienne des civilisations terrestres.

Un extrait, pas pour le style, vous commencez à connaître l’auteur mais pour vous que vous sachiez où vous mettez les pieds (je devrais plutôt dire les yeux ou l’imagination, ou…) :

Gurraramawuy se tut. Cette fois, Jacques était KO. Tout s’embrouillait dans sa tête : les mythes se mêlaient à l’archéologie, le réel faisait la part du Rêve… Pour rompre un silence qui commençait à se faire pesant, il demanda à quelle époque Bayini était arrivée en terre d’Australie. L’Aborigène lui fit comprendre à travers de nouveaux exemples que le Rêve aborigène était un concept dans lequel le temps ne suivait pas le même théorème que dans le monde des humains.

« Les Ancêtres sont toujours là, dans la terre, sous la mer. Quand les Yolngu dansent, quand les Ngarinyin peignent les Wanjina, quand les Warlpiri parlent, ils transmettent les lois des Ancêtres. Ils créent, sous leur regard. Le Rêve est réseau, mais le temps n’en est pas la trame. Le temps est un trait. Un itinéraire courbe. Parfois circulaire. »

Gurraramawuy se leva. Il s’éloigne du couple en faisant traîner son bâton dans le sable, puis il revint vers eux après avoir effectué une immense boucle. De retour à son point de départ, il souleva le bâton juste avant que le cercle ne se referme.

Gurraramawuy offrit alors à Carrie-Ann et à son compagnon le plus grand sourire qu’un humain fût capable de produire…

Moi, aussi, je me suis retrouvée KO. Ce dernier tome est le moins facile des trois à lire je pense. Toute la mythologie et toute la spiritualité aborigènes ne sont pas évidentes à appréhender. Et les noms sont souvent compliqués… Je suis épatée par les recherches qu’a entreprises l’auteur pour nous faire partager tout cela. Je n’ai pas tout compris, je l’avoue et je pense que je relirai des passages mais ça m’a donné envie d’en savoir plus.

On retrouve les mêmes personnages (Kieffer, Carrie-Ann, Mirà, etc) mais s’y ajoute des Aborigènes et des Meriam et… je vous laisse découvrir les autres !

J’ai été étonnée : le « schéma » utilisé dans les deux premiers tomes a disparu. On avait des enquêtes parallèles qui se rejoignaient, et une petite partie sur la civilisation découverte. Ici, l’enquête scientifique se déroule sur la première moitié du roman et la 2ème, sur la civilisation. Et paradoxalement, moi qui me plaignais (surtout dans le 1er tome) de ne pas en savoir plus sur les résultats des découvertes (la civilisation, l’environnement, …), là, j’aurai aimé que la recherche dure plus longtemps… Le fait que les scientifiques aient été guidés et qu’ils n’aient pas trouvé par eux-mêmes change aussi.

Je ne peux malheureusement pas vous en dire plus car même si la 4ème de couverture en dit déjà beaucoup, parler encore de l’histoire vous en dévoilerait trop. Cependant, j’ajouterai que si ce roman change des deux premiers tomes, il nous embarque dans une drôle d’aventure et d’étranges découvertes et que le tout forme un ensemble très intéressant auquel j’aurai aimé participer (je me demande comment j’aurai réagi…).

 Une citation ? Non, deux !

« Il me déprime à se contenter de ça, en refusant d’imaginer ce qui pour moi est une évidence. »

« Yo manymak ! »

♥♥♥♥

Antarctique de Martial Caroff

Antarctique

Même sans connaître l’auteur, j’aurai pris ce livre dans mes mains. J’adore l’Antarctique donc le titre et la couverture ne pouvaient que me plaire ! Voici la 4ème de couverture :

Dijon, décembre 2037. Le célèbre archéologue Jacques Kieffer reçoit la visite de deux confrères sud-américains, responsables d’un chantier de fouilles en Terre de Feu argentine. Afin d’attiser sa curiosité et d’obtenir sa collaboration, ils lui présentent les vestiges qu’ils viennent d’y mettre au jour. Des objets d’âge inconnu dont les décors témoignent d’un style artistique sans équivalent dans l’Histoire. Kieffer est stupéfait.

Au même moment, en Antarctique, dans la colonie israélienne des Vallées Sèches, Mirà Meir promène ses deux chiens. L’un d’eux découvre un étrange humérus. D’après le paléontologue Yitzhak Goldstein, bientôt dépêché sur place, il s’agirait d’un très ancien fossile de primate…

C’est ainsi que s’amorce une double investigation, l’une archéologique en Amérique du Sud, l’autre paléontologique sur le pourtour du continent austral. Les deux équipes vont accumuler des trouvailles plus fantastiques les unes que les autres, qui les amèneront à se rejoindre dans la Péninsule antarctique.

Ce qui les y attend les fera basculer dans un autre monde…

Pour l’auteur, vous connaissez la procédure ! 😉

Un extrait qui est en fait le début du prologue :

La suie d’une nuit interminable recouvrait la neige, métamorphosant les glaciers et les montagnes en terrils australs, crassiers du Grand Sud.

L’hiver, l’Antarctique est un continent nocturne écorché par le blizzard.

La tempête râpait la calotte occidentale avec sa violence coutumière. Les éléments se choquaient, se réduisant en une poussière de particules abrasives que le vent ivre cognait contre des rocs dénudés, puis projetait tantôt vers les Shetland, tantôt vers la Barrière de Larsen et la Mer de Weddell. Les rafales désorientées hurlaient en cherchant leur chemin dans le gris sombre du labyrinthe des vallées glaciaires, provoquant avalanches et chutes de blocs. Canalisé, le vent atteignait des vitesses affolantes.

Et soudain l’accalmie.

Le blizzard chuta brusquement. Ou plutôt, il prit de la hauteur. Il desserra son emprise sur la neige. Celle-ci, rendue hésitante, ne retomba pourtant pas. Elle continua de saturer l’air, en attente. Le silence ne fut plus troublé que par quelques rafales rageuses et des tourbillons à la trajectoire irrégulière, volutes de poudreuse aspirées par le ciel. La pause dura moins d’une demi-heure, puis la tourmente reprit son travail de sape, emplissant de nouveau l’atmosphère de fureur et de bruit.

J’ai adoré cette description, elle m’a mise dans une ambiance particulière dès le départ ! Et pourtant l’Antarctique n’est qu’un décor pour ce roman, je devrais même dire qu’un des décors.

Comme dans Exoplanète, nous suivons plusieurs « enquêtes » qui vont converger. D’un côté, nous retrouvons Jacques Kieffer qui après ses aventures au Soudan et la découverte d’une civilisation extra-terrestre, s’ennuie un peu en donnant ses cours à l’université (même s’il ne l’admet pas au début). Il n’hésite donc pas à se lancer dans cette nouvelle aventure même si elle se passe en Terre de Feu, contrée éloignée de ses habituels terrains de jeux. De l’autre, une colonie israélienne où le hasard fait qu’un des chiens de Mirà Meir trouve un os qui les amènera à découvrir d’étranges fossiles.

J’ai vraiment été prise par l’histoire. Comme les chapitres alternent les points de vue, on se laisse emporter et comme on veut toujours en savoir plus, connaître la suite, avoir la réponse à nos questions, les pages filent sans qu’on s’en rende compte !

On s’attache aux personnages (personnellement, je me suis plus attachée à l’équipe israélienne, la seule exception est ce fou d’Alsina qui fait aussi partie de mes chouchous !), comme à chaque fois, chacun a son rôle à jouer (bon ou mauvais).

Comment réagirions-nous si nos découvertes bousculaient tout ce qu’on connaît ? On se laisse tellement prendre par l’histoire que tout nous paraît crédible ! Les passages sur la paléontologie et les convergences morphologiques m’ont vraiment intéressée et m’ont presque fait regretter de ne pas avoir plus poussé mes études en paléontologie… ^_^

J’ai trouvé sympa la venue clin d’œil de Marc Chouviac : « après avoir trouvé une intelligence loin dans l’espace et une autre loin dans le temps, il ne reste plus à présent, pour boucler la boucle, qu’à découvrir une civilisation extrahumaine terrestre et… contemporaine. » Nous révèlerait-il le sujet du 3ème tome ? Je vous le dirai bientôt car j’ai hâte de me lancer dans cette lecture !

Je crois pouvoir dire que j’ai préféré ce 2ème tome et comme je vous recommandais déjà le 1er, vous ne pouvez que vous laissez tenter par celui-ci !!

Et cette fois encore, je finirai par une citation :

« Il fallait tuer, éradiquer le souvenir, car se souvenir, c’était retenir ! »

♥♥♥♥♥

Exoplanète de Martial Caroff

Je finirai l’année sur un roman qui me tient à cœur… et que je conseille à tous !

Couverture Exoplanète

Ayant récemment acheté, Rêve, le 3ème tome d’Intelligences, j’ai préféré relire les tomes précédents pour me remettre dans l’histoire. Et vu que je n’avais pas fait d’article sur ma lecture, je répare cette erreur !

Quoi, vous ne savez pas de quoi parle ce roman ?? Allez, voici la 4ème de couverture :

12 janvier 2030. L’information court déjà sur tout le réseau NewNet : depuis 19h32, une nouvelle étoile resplendit dans la constellation d’Orion.

Le mystère s’épaissit le 19 janvier lorsque l’astre s’éteint subitement, pour réapparaître le lendemain soir et devenir, cette fois, l’objet extrasolaire le plus brillant du ciel, visible même en plein jour ! L’observatoire de Meudon est en effervescence. Le médiatique professeur Morgenstern veut être le premier à proposer une explication à ce prodigieux phénomène. Pour cela, il convient de terminer au plus vite la mise au point de l’hypertélescope spatial, un outil révolutionnaire capable de produire des images détaillées de lointains systèmes planétaires.

Dans le même temps, le libraire Marc Chouviac découvre une série d’indices qui lui font penser que l’étoile est déjà apparue dans le passé…

C’est ainsi que débutent deux enquêtes convergentes, l’une scientifique, l’autre historique, qui déboucheront sur la découverte la plus fantastique de tous les temps !

Je ne vais pas vous refaire un topo sur l’auteur, vous pouvez soit lire mes autres articles, soit aller faire un tour sur son site.

J’ai longtemps hésité sur l’extrait à vous mettre… Il m’en fallait un qui ne vous dévoile pas trop l’histoire mais qui tout de même vous montre son originalité. Vous me direz si j’ai bien choisi :

Les deux amis marchaient dans les rues de Tours. Quelques voitures silencieuses déversaient leurs flots de braillards. Depuis l’avènement des piles à combustible, l’atténuation de la pollution sonore des moteurs avait été compensée par un accroissement du tapage vocal. Les villes humaines se devaient d’être bruyantes, c’était l’une de leurs fonctions sociales. Marc se demanda s’il en était de même sur les autres planètes. Il se souvint du chat de Tex Avery qui quittait une Terre trop turbulente à son goût pour la Lune et découvrait là une société encore plus assourdissante…

Ils longeaient le quai d’Orléans, se dirigeaient sans un mot vers leur brasserie préférée, celle de « Matelots d’eau douce ».

La ville était envahie par la foule du samedi soir. Les jeunes prenaient par petits groupes un apéritif d’air pur avant d’aller s’agiter toute la nuit au son du SkyTech. C’était le nouveau genre musical en vogue, une sorte de phrasé délirant et interminable baigné de musique électro-impulsive.

Il y avait toujours quelqu’un sur le quai pour dresser le bras vers Alpha-2 d’Orion. L’astre perçait la constellation opiniâtrement, avec un éclat légèrement supérieur à celui de Rigel.

Et voilà, j’ai fait la partie la plus facile… Maintenant, je dois vous dire ce que j’ai pensé du livre.

Tout d’abord, j’ai été impressionnée par l’originalité de l’histoire. Ce roman est classé en SF, ce qui n’aurait pas dû me plaire et pourtant, je me suis laissée porter ! Il y a certains passages scientifiques comme des descriptions de matériel qui m’ont un peu perdue. Il y avait trop de détails à mon goût et même s’ils peuvent permettre à certains de visualiser, j’ai eu beaucoup de difficultés à imaginer (je dis ça surtout pour tout le système optique décrit à la fin).

Mais parlons plutôt des points positifs et ils sont nombreux !

Comme vous le savez si vous suivez ce blog, les personnages sont importants pour moi. Et ici, nous en avons une jolie galerie… De la belle Astrée au poussiéreux Matricon (que j’ai été heureuse de retrouver, les lecteurs des Cinq Saisons d’Ys me comprendront), de l’aventurier Kieffer au libraire Marc Chouviac, du scientifique imbu de lui-même au révolutionnaire espagnol et bien d’autres encore. Malgré la multitude de personnages, on n’est pas perdu car ils ont tous un caractère particulier et un rôle bien défini. Mais je vous laisse les découvrir et vous faire votre propre avis, chacun peut s’attacher plus ou moins à un ou plusieurs d’entre eux (j’ai un petit faible pour Marc !).

Quant à l’histoire comme il est dit dans la 4ème de couverture, ce sont deux enquêtes qui convergent… Certains trouveront certainement que les pièces se mettent en place trop facilement mais je sais que quand des personnes d’univers différents se rencontrent et fusionnent leurs idées, on trouve les réponses plus rapidement. De plus, le NewNet facilite les recherches !

L’extrait que je vous ai choisi, c’est pour vous mettre en avant les idées de l’auteur, bien sûr il y a le NewNet, le SkyTech (pas sûre que j’apprécie cette musique…), les Unités Flash, etc… et j’aurai pu aussi vous choisir un extrait de la fin pour vous montrer son imagination mais cela en révèlerait trop sur l’histoire. J’aurai aimé en savoir plus sur Tam et Sow, passer plus de temps avec eux…

Comme je vous l’ai dit, c’est une lecture que je recommande ! Et d’ailleurs, j’aimerai avoir l’avis de non-scientifiques sur cette histoire…

Et je finirai par une citation :

J’ai presque honte de me sentir aussi insignifiant, aussi humain, quand je constate ce que sont capables de faire ces êtres lointains, non pas pour me découvrir, mais simplement pour me faire savoir qu’ils existent ! Je suis nul, mais je suis important, puisque l’on veut se montrer à moi !

♥♥♥♥♥

Le Successeur de pierre de Jean-Michel Truong

Couverture Le successeur de pierre

Quand Livraddict et Folio ont proposé ce livre en partenariat, j’ai été intriguée, et pourtant la SF, ce n’est pas mon truc… Mais la 4ème de couverture a réussi à me convaincre :

Cela fait des siècles que la Bulle de Pierre, écrite par le premier pape, est perdue. Objet de toutes les convoitises, la teneur de son message n’est connue que des souverains pontifes, successeurs de l’apôtre de Jésus.
Pour le jeune Calvin, isolé dans son cocon à l’intérieur d’une des immenses pyramides où s’est réfugiée la quasi-totalité de l’humanité, il est des mystères bien plus immédiats : pourquoi a-t-il été séparé de sa mère? Qui sont ces amis avec lesquels il ne communique que par Web interposé et qui se cachent derrière des avatars aux noms faussement transparents?… Et pourtant, se peut-il que tous ces faits soient liés au manuscrit disparu?

Mêlant thriller et science-fiction, Le Successeur de pierre est un roman passionnant où le suspense le dispute à l’érudition. Une réussite justement récompensée par le Grand Prix de l’Imaginaire en 2000.

Quelques mots sur l’auteur :

Jean-Michel Truong est né en 1950, en Alsace. Après des études de psychologie et de philosophie, il devient enseignant et chercheur. Il a fondé la première société européenne d’intelligence artificielle. Depuis 1991, il vit en Chine où il conseille les entreprises de hautes technologies.

Un extrait pour le style, je ne suis pas sûre que c’est celui qui vous le montrera le mieux mais j’ai trouvé certaines réflexions assez percutantes :

Lui revint aussi le souvenir d’une réflexion de Rembrandt sur une autre toile de son peintre préféré. Cette scène champêtre l’avait ému : le contraste, peut-être, entre les humbles femmes au premier plan, cassées sur de rares blés négligés et, dans le lointain, les amples récoltes entassées en meules imposantes par la foule de moissonneurs. Les nantis, les misérables, …

– C’est l’image même de la vie, n’avait-il pu s’empêcher de commenter…

– Vous ne croyez pas si bien dire, avait approuvé Rembrandt, surpris comme d’un écolier qui eût énoncé d’instinct la théorie de la relativité restreinte. Ces Glaneuses, telles des prêtresses perpétuant un rite antique, miment le geste primordial, celui par quoi toute vie commence : amasser au hasard des riens épars et d’un lien leur donner sens… Eparpillés dans la lande désolée, sans le brin qui les assemble, les épis n’existent pas. Liés, ils sont une promesse de pain. L’espoir recouvré. La force de continuer, demain.

– Vous en parlez comme d’un mécanisme universel, avait remarqué le garçon, étonné de la chaleur de son discours.

[…]

Rembrandt avait marqué une pause, puis conclu avec une gravité que Calvin ne lui connaissait pas :

– Cette toile résume tout ce que Millet a saisi – son intuition, sa théorie – de la vie : vivre, c’est lier.

– Le réseau, avait alors cru pouvoir extrapoler le garçon, le Web, c’est la vie !

– Hélas, avait répondu Rembrandt, le Web ne lie pas, il disloque. Il ne rapproche pas, il démembre. Il n’unit pas, il disloque. Le Web, c’est le contraire de la vie.

J’ai laissé quelques temps entre ma lecture et l’écriture de cet article, le temps de laisser les impressions se décanter… Mais malgré cela, je ne suis pas sûre d’y voir plus clair !

Ce qui est sûr, c’est que le genre SF n’est vraiment pas pour moi ! Tout au long de ma lecture et même après l’avoir finie, je ne suis pas sûre d’avoir tout compris !!

Et pourtant… J’ai eu beaucoup de mal à laisser ce livre, une fois ma lecture commencée, j’étais prise dans l’histoire et je n’arrivais pas à lâcher ce roman ! Pour vous dire à quel point l’écriture de l’auteur est prenante !

L’auteur pose de bonnes questions dont certaines sur la place d’internet et du virtuel dans nos vies, sur l’illusion qu’il peut créer et c’est d’ailleurs pour cela que j’ai choisi cet extrait. Si internet nous permet de communiquer avec des personnes qui vivent à l’autre bout du monde, ne nous coupe-t-il pas de nos voisins ? Et les personnes de l’autre côté de l’écran, se montrent-elles comme elles le sont vraiment ou juste sous la facette qui nous plait ?

Les réflexions sur l’évolution sont aussi intéressantes ! L’homme est-il le dernier échelon ? Je ne vous donnerais pas la théorie développée dans le roman pour vous laisser la découvrir.

Mais franchement, l’idée de départ : isoler les humains pour les protéger des maladies est vraiment un bon point de départ car il nous fait réfléchir ! Ne nous isolons nous pas tout seul à cause d’internet ? Et dans le roman, cet isolement est-il vraiment fait pour les protéger ?

A vous de le découvrir et de réfléchir grâce à ce livre !

♥♥♥♥♥

La Vieille Anglaise et le continent de Jeanne-A Debats

Encore une découverte due à BlackWolf et pourtant ceux qui me connaissent, savent que j’ai un peu de mal avec la SF…

J’avoue que la couverture a fini de me convaincre (superbe couverture que l’on doit à Christophe Sivet) et que la 4ème de couverture m’a intriguée :

Certaines personnes sont si profondément attachées à la Vie sous toutes ses formes, tous ses aspects, qu’elles consacrent leur existence à sa préservation, quitte à sacrifier celle des autres…

Ann Kelvin, elle, lui consacrera sa mort.

J’ai donc recherché cette nouvelle pendant un petit moment et je suis allée aux Etonnants Voyageurs de Saint-Malo dans l’espoir de rencontrer l’auteur mais les mains vides…

Devant le stand d’Atalante, je discute de la couverture de Plaguers que je ne trouve pas belle quand une personne intervient dans la conversation… Cette personne se trouve être l’auteur elle-même ! ^_^ C’est elle qui m’a indiqué où trouver La Vieille Anglaise et le continent et c’est au pas de course que j’y suis allée pour pouvoir avoir une petite dédicace ! Ce fut vraiment une chouette rencontre !!

Et voici la description donnée par Griffe d’Encre :

45 ans
2 enfants
2 pères pour aller avec
2 chiens
2 chats

Pour le bien-être général, un seul de ces items est susceptible de changer.

Présentation atypique mais qui lui correspond bien !

Allez un extrait :

Elle passa les colonnes d’Hercule. Le courant qu’elle recherchait était tout près. Elle le sentait et le goûtait de tout son corps. Les flots alentour étaient encore tièdes, mais la température n’était pas statique : il y avait des nappes fraîches, gelées même, comme des bulles d’Antarctique. Soudain, il fut devant elle, et l’image d’une autoroute large et sereine s’ouvrant vers le sud s’imposa à son esprit. Elle activa la balise et s’insinua dans les eaux glacées. Dans le ciel, les étoiles s’allumaient une à une. Elle roula sur le côté pour tenter d’apercevoir la lumière clignotante du satellite en orbite géostationnaire. Son dernier lien avec l’humanité apparut et elle sentit la balise se connecter. Aussitôt, un écran virtuel s’illumina derrière ses paupières. Il y eut un échange de données quasi instantané, et le trafic maritime sur l’ensemble de l’Atlantique Nord s’afficha sous son crâne. Elle cilla, l’image s’évanouit, remplacée par une vue globale de la planète. Un groupement de navires suspects croisait autour des Orcades.

Elle souffla, puis eut envie de tenter quelque chose et plongea brusquement dans les vagues noires et brillantes. Le ciel s’éteignit tandis qu’elle filait vers le fond puis remontait d’un coup. Le grand cachalot surgit de la mer, dressé sur sa caudale, son corps énorme à demi hors de l’eau. Lorsqu’il retomba, un geyser d’écume presque lumineuse fit scintiller de nouvelles et fugitives étoiles.

Pour commencer, je n’ai pas eu l’impression de lire de la SF et pourtant comme la transmnèse (procédé qui permet de transférer un esprit, une âme dans un clone) n’existe pas, cette nouvelle fait bel et bien partie de la SF… Et pourtant, j’ai aimé, oui, j’ai aimé ! J’ai été emportée par l’écriture de Jeanne-A Debats, les passages entre Ann qui découvre la transmnèse et Ann le cachalot ne m’ont pas dérangé mais j’ai beaucoup plus d’affection pour sa forme aquatique ! Ann est quelqu’un de dur, d’autoritaire qui malgré la maladie ne faiblit pas mentalement, je l’ai trouvé intéressante mais pas attachante, par contre Ann-cachalot est maladroite, découvre les fonds marins et ses congénères, est parfois partagée entre sa mission et ses envies. Bien sûr, il n’y a pas qu’elle comme personnage mais c’est surtout d’elle qu’on se rappelle.

L’histoire est prenante même si elle n’est pas très optimiste sur l’avenir et surtout sur l’avenir écologique. La partie scientifique est très poussée et paraît réaliste (c’est peut-être pour cela que je n’ai pas eu l’impression de lire de la SF ^_^) et la partie sur l’océan est très poétique, elle donne envie de nager parmi ces cétacés, on visualise très bien les fonds marins, on ressent même parfois la froideur de l’eau et le plaisir et la sérénité des cachalots et on a envie de découvrir le continent (mais chut, je n’en dis pas plus).

En tous les cas, une œuvre que je ne regrette pas d’avoir découverte (merci Blacky) qui me laisse peut-être un goût de trop peu (71 pages, c’est vite lu) et je me laisserai peut-être tenter par d’autres écrits de Jeanne-A Debats (même si je l’avoue Plaguers m’attire beaucoup moins…).

♥♥♥♥

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