Archives de la catégorie ‘Classique’

Musashi : « La pierre et le Sabre » et « La parfaite lumière » de Eiji Yoshikawa

Couverture La pierre et le sabre           Couverture La parfaite lumière

C’est mon compagnon qui m’a conseillé et prêté ces livres qui l’avaient vraiment marqué. Quand j’ai vu les deux tomes, j’ai eu un peu peur : 857 et 696 pages tout de même… En plus, je connais peu le Japon et cette époque mais bon, cela pouvait me permettre de les découvrir.

J’ai été un peu perdue avec tous les noms : Takezo, Matahachi, Musashi, Otsu, Osugi, Akemi, Oko, Jotaro, Takuan, … et déjà, je ne cite que les principaux.

Cependant, je me suis accrochée d’une part, car j’abandonne rarement un livre et d’autre part, si ces livres ont plu à mon homme, c’est qu’il doit y avoir quelque chose tout de même…

Au final, on  a envie de se perdre dans ces magnifiques paysages et la philosophie du samouraï, la pensée du sabre m’ont plu même si je n’y ai pas vraiment adhéré. Je peux la comprendre car cette visée de la perfection, du geste parfait, du mot parfait qu’on peut voir dans tout : un objet, une peinture, un texte, une danse, une musique, un combat, …

Mais tout le monde sait qu’il est difficile voire impossible d’atteindre cette perfection, il est bien d’essayer mais essayer à tout prix, à tout abandonner, à faire souffrir tous ceux qui nous entourent, j’ai du mal à comprendre…

Pour conclure, je suis contente d’avoir lu ces livres, j’ai apprécié et je comprend ce qui a conquis mon compagnon et pourquoi, c’est presque devenu sa philosophie mais ils ne seront jamais mes livres de chevet et je ne sais pas si je dois vous les conseiller ou non…

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Les Hauts de Hurle-Vent de Emily Brontë

Couverture Les Hauts de Hurle-Vent

Comme bien souvent quand j’ai vu ce livre dont j’ai largement entendu parler, je me suis dit que ce serait l’occasion de compléter ma culture des « classiques » (non, promis, ce n’est pas le bandeau « livre préféré de Bella et Edward de Twilight qui m’a convaincu !). Mais depuis tout ce temps, il traîne dans ma PAL vu que je suis plutôt réfractaire aux « classiques », je n’arrivais pas à me motiver de peur d’être déçue… Mais heureusement une LC organisée par Coconut m’a motivée, merci à elle !

Et voici la 4ème de couverture :

Les Hauts de Hurle-Vent sont des terres balayées par les vents du nord. Une famille y vivait, heureuse, quand un jeune bohémien attira le malheur. Mr. Earnshaw avait adopté et aimé Heathcliff. Mais ses enfants l’ont méprisé. Cachant son amour pour Catherine, la fille de son bienfaiteur, Heathcliff prépare une vengeance diabolique. Il s’approprie la fortune de la famille et réduit les héritiers en esclavage. La malédiction pèsera sur toute la descendance jusqu’au jour où la fille de Catherine aimera à son tour un être misérable et fruste.

Ce roman anglais, le plus célèbre du XIXe siècle à nos jours, a été écrit par une jeune fille qui vivait avec ses sœurs au milieu des landes de bruyère. Elle ne connut jamais cette passion violente et cette haine destructrice. Elle imagina tout, même le fantôme de la femme aimée revenant tourmenter l’orgueilleux qui l’a tuée.

Je suppose que comme moi, vous avez entendu parler de Emily Brontë et de ses sœurs (enfin de sa sœur pour ma part car si je connaissais le nom de Charlotte, je ne me souvenais pas de Anne…). Les Hauts de Hurle-vent est son seul roman (elle le publie à compte d’auteur à l’âge de 29 ans) mais apparemment, elle a aussi écrit de nombreux poèmes. Son livre, à l’époque, ne remportera pas autant de succès que Jane Eyre publié par sa sœur Charlotte alors considérée comme la meilleure auteur de la famille. Mais depuis les avis ont changé et la maturité de l’écriture de Emily surprend toujours et fait qu’aujourd’hui elle soit plus reconnue que sa sœur.

Je n’ai pas retrouvé l’extrait que je voulais vous mettre (oui, je sais, la prochaine fois, je devrais noter la page se serait mieux ! ^_^) mais j’ai trouvé un autre que j’aime assez :

Mrs Linton était assise, comme à l’accoutumée, dans l’encoignure de la fenêtre ouverte, vêtue d’une robe blanche flottante, un léger châle sur les épaules. Sa longue et épaisse chevelure avait été en partie coupée au début de sa maladie et elle la portait à présent relevée en simples tresses sur le front et sur la nuque. Elle était très changée, comme je l’avais dit à Heathcliff ; mais, quand elle était calme, ce changement donnait à sa beauté une apparence surnaturelle. L’éclat de ses yeux avait fait place à une douceur rêveuse et mélancolique ; ils ne semblaient plus s’attacher aux objets qui l’environnaient ; ils paraissaient toujours fixés au loin, très loin, au-delà de ce monde, aurait-on dit. Puis la pâleur de son visage – dont l’aspect hagard avait disparu quand elle avait repris des chairs – et l’expression particulière que lui donnait son état mental, tout en rappelant douloureusement ce qui en était la cause, ajoutaient au touchant intérêt qu’elle éveillait : ces signes contredisaient – pour moi, certainement, et pour tous ceux qui la voyaient, je pense – les preuves les plus palpables de sa convalescence et lui imprimaient la marque d’un dépérissement fatal.

Que vous dire sur ce roman… Déjà, je l’ai lu plus facilement que je le pensais ! Je savais que c’était une lecture assez sombre mais je ne m’attendais pas à cette noirceur. Je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages et au final, j’ai trouvé la 4ème de couverture assez trompeuse… J’ai du mal à exprimer mon ressenti sur ce livre…

Je reconnais les qualités de la plume de Emily Brontë mais j’ai du mal à imaginer cette jeune femme qui a vécu dans un environnement plus ou moins protégé, écrire ce type de roman avec tant de noirceur morale, tant de trahisons, tant de vengeances.

J’ai adoré ses descriptions (notamment de la lande), j’admire le travail sur la psychologie des personnages mais je ne peux pas dire que j’ai aimé cette lecture en grande partie à cause des personnages justement.

J’aurai aimé avoir de la compassion pour eux ou au moins un d’entre eux mais je n’ai ressenti aucune empathie ! Où est l’amour de Heathcliff sous toute cette envie de vengeance ? La fin de vie de Catherine n’est-elle pas méritée par son comportement ? Et est-ce normal qu’une domestique se mêle de tout ?

Pour résumer, je comprends pourquoi ce roman est un classique, je comprends même son succès mais il ne m’a pas touché, ni embarqué…

Et voici les articles de mes camarades de lecture :

Piplo ; Coconut ; Yogi ; Ewatoppno ; Kincaid40 ; Mam’zelle Amandine ; Nahe ; Géraldine ; Zara21 ; Faustine ; Salsera15 ; Lyra ; Lolie77 ; Paikanne ; Lynn ; Lenacoli ; J.a.e_Lou ; Rosehill Cottage ; Buissange ; Lectureetcie ; Elahbulle ; Choulie ; BeckBeck ; Nymou ; Antomilna ; Lavinia

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Orgueil et Préjugés de Jane Austen

Couverture Orgueil et Préjugés

C’est un livre que j’ai depuis un moment dans ma PAL mais comme j’ai quelques soucis avec les « classiques », je n’arrivais pas à me décider à le lire. Alors je remercie conseil-livres-manga d’avoir organisé une LC qui m’a motivée à lire. Voici la 4ème de couverture :

Pour les Anglaises du XIXe siècle, hors du mariage, point de salut ! Romanesques en diable, les démêlés de la caustique Elizabeth Bennett et du vaniteux Mr Darcy n’ont pas pris une ride ! Mais il faut parfois savoir renoncer à son orgueil. Et accepter la tombée des masques pour voir clair dans la nuit. Un classique universel, drôle et émouvant.

Un petit mot sur l’auteur car c’est le 1er ouvrage que je lis d’elle :

Jane Austen est une femme de lettres anglaise. Toute sa vie, elle reste au sein de sa famille qui est étroitement unie. Elle doit son éducation en grande partie à son père et à ses frères aînés, ainsi qu’à ses propres lectures. Le soutien sans faille de sa famille est essentiel pour son évolution en tant qu’écrivain professionnel.

De 1811 à 1816, avec la parution de Sense and Sensiblility (ou Raison et Sentiments en 1811), Pride and Prejudice (ou Orgueil et Préjugés en 1813), Mansfield Park (1814) et Emma (1816), elle connaît le succès. Deux autres romans, Northanger Abbey (achevé dès 1803) et Persuasion, font tous deux l’objet d’une publication posthume en 1818. En janvier 1817, elle commence son dernier roman, finalement intitulé Sanditon, qu’elle ne peut achever avant sa mort. Son réalisme, sa critique sociale mordante, son humour décalé et son ironie ont fait d’elle l’un des écrivains anglais les plus largement lus et aimés.

Un extrait ? J’ai hésité… Ce sont surtout les dialogues qui sont piquants et je ne sais pas pourquoi mais je n’aime pas mettre des extraits avec des dialogues. Donc je vous laisse découvrir le style par vous-même.

Ce roman a été pour moi une très bonne surprise ! J’ai été prise par l’histoire et je suis sous le charme de la plume de Jane Austen. Ses personnages sont touchants que ce soit par leur fragilité, leur caractère, leur humour ou même leur sévérité !

Vous ne pouvez pas ne pas tomber sous le charme d’Elizabeth, elle qui a dû mal avec les conventions, qui a un cœur qui déborde d’amour pour sa sœur Jane ou son père mais qui est aussi tellement ancrée dans ses convictions qu’elle a dû mal à pardonner aux autres ce qu’elle considère comme des erreurs.

Bien sûr, si vous lisez des articles sur ce livre, vous ne pourrez pas passer à côté de Darcy ! De nombreuses lectrices toment sous son charme, pas moi… Bien sûr j’ai aimé sa droiture et ses faiblesses mais lui aussi a ses convictions qui le poussent parfois trop loin et il a énormément de mal à admettre qu’il a tort.

Jane Austen travaille ses personnages principaux mais sans pour autant oublier les personnages secondaires : l’agaçante Mrs Bennett dont le seul but est de marier ses filles, la douce Jane trop gentille, les écervelées Kitty et Lydia, la peste Miss Bingley, le généreux Mr Bingley, le drôle Mr Bennett qui n’a pas trop les pieds sur terre, … Dans la famille Bennett, il y a peut-être Mary qui est un peu plus effacée, ce qui n’est peut-être pas plus mal car elle a l’air imbu d’elle-même. Je ne vais pas vous décrire tous les personnages mais c’est un point fort du roman.

L’autre point ce sont les joutes verbales, surtout entre Elizabeth et Darcy !

L’histoire de jeunes femmes devant absolument se marier et avec de bons partis, les hésitations entre mariages de raison et mariages d’amour n’aurait pas dû me plaire mais le style de Jane Austen est remarquable et rend une histoire banale, intéressante et en plus, elle ajoute une note d’humour !

Bref, une chouette découverte qui m’a réconciliée avec les classiques et qui me donne envie de lire d’autres romans de cette auteur !

Et comme c’est une LC, voici les autres chroniques :

Cinéma-Musiques-Bouquins ; Katalyn ; Aeschma ; Kyeira ; Flugali ; Sandra ; Chadi ; pomm ; Nelcie ; Inkomylife ; Tomisika ; Kitana82 ; Céleste93 ; Clémence ; Kaleigh ; Anoalios ; Bouquinette

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Les Liaisons dangereuses de Pierre Choderlos De Laclos

Couverture Les Liaisons dangereuses

J’ai acheté ce livre pour combler mes grandes lacunes en « classique », sauf que je n’arrivais pas à me décider à le lire donc quand une LC a été organisée sur Livraddict (merci Aaliz), je me suis dit que c’était l’occasion de me lancer ! Sauf que je m’y suis prise à la dernière minute et que je suis donc en retard !

Voici la 4ème de couverture :

La jeune Cécile Volanges quitte son couvent pour faire l’apprentissage du monde et épouser le comte de Gercourt, mais une de ses parentes, la marquise de Merteuil, entend profiter de ce projet de mariage pour se venger d’une infidélité que lui a faite autrefois Gercourt. Elle charge donc son complice, le vicomte de Valmont, de pervertir Cécile avant ses noces. Mais loin de Paris, dans le château de sa vieille tante, Valmont s’est de son côté mis en tête de séduire la dévote présidente de Tourvel, et une idylle bientôt se noue entre la « petite Volanges » et le jeune Danceny.

J’ai eu la bonne surprise de voir que ce roman était un recueil de lettres, ce découpage permet une lecture rapide donc j’ai commencé assez enthousiaste ! Un enthousiasme qui s’est rapidement calmé malheureusement… Je sais que le style correspond à l’époque donc même si je n’y suis pas habituée, ça ne m’a pas bloqué. Par contre, j’ai eu l’impression que le livre traînait en longueur et que c’était répétitif !

Les manigances de Merteuil et Valmont, les réticences de Tourvel et Cécile (« je ressens des choses que je ne comprends pas mais je ne dois pas », c’est un peu caricatural mais c’est en gros ça), même les lettres de Valmont et Danceny (« Je vous aime et laissez moi vous aimer encore plus ou je vais dépérir ! »), … Bref j’avais l’impression que ça n’avançait pas !

Bien sûr, il faut se remettre dans le contexte de l’époque et je comprends que ce roman ait choqué ! Mais il ne m’a plu !

Je dois aussi avouer que je suis une grande naïve et que même si j’aime que les personnages ne soient pas tout noir ou tout blanc, j’aime croire à la bonté humaine et de voir des personnages comme Valmont et surtout Merteuil (oui, j’ai la faiblesse de trouver des circonstances atténuantes à Valmont) sont exécrables et malheureusement pas du genre qu’on aime détester…

Bref, je n’ai eu aucune difficulté à lire ce livre mais je ne l’ai pas apprécié même si j’ai été surprise par la fin. Je ne vous en dirais pas plus pour vous laisser la découvrir par vous-même si vous vous décidez à tenter cette lecture ! Je ne suis pas encore réconcilier avec les « classiques » !

Je vous laisse découvrir les avis de mes co-lectrices, elles sont souvent plus charmées que moi :

Aaliz ; Chinouk ; Elizabeth ; Salsera15 ; Antomilna ; TetedeLitote ; Natiora ; misslecturedu78 ; Hopeee ; Clairdelunebleu ; Nefertari

(apparemment, je ne suis pas la dernière ou les autres ont oublié…)

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Vingt-quatre heures de la vie d’une femme de Stefan Zweig

Si je me souviens bien, j’ai acheté ce livre pour un Challenge ABC, challenge que je n’ai jamais réussi à finir ! hihi Donc je l’ai surtout choisi pour l’initiale de l’auteur !

Mais j’ai tout de même lu la 4ème de couverture avant de l’acheter :

Scandale dans une pension de famille « comme il faut », sur la Côte d’Azur du début du siècle : Mme Henriette, la femme d’un des clients, s’est enfuie avec un jeune homme qui pourtant n’avait passé là qu’une journée… Seul le narrateur tente de comprendre cette « créature sans moralité », avec l’aide inattendue  d’une vieille dame anglaise très distinguée, qui lui expliquera quels feux mal éteints cette aventure a ranimés chez la fugitive. Ce récit d’une passion foudroyante, bref et aigu comme les affectionnait l’auteur d’Amok et du Joueur d’échecs, est une de ses plus incontestables réussites.

Je ne connaissais pas du tout l’auteur alors j’ai lu l’introduction qui nous donne plein d’infos sur lui mais comme elle est un peu longue, j’ai essayé de vous la résumer ici :

Stefan Zweig est né le 28 novembre 1881 à Vienne, en Autriche. Il y fit ses études, et, à 23 ans, fut reçu docteur en philosophie. Il fit ses débuts avec de jolis poèmes où dominait l’influence de Hofmannsthal et de Rilke. Parmi ceux-ci, notons « Cordes d’argent »(1900) et « Les Guirlandes Précoces »(1907). Passionné de théâtre, il se mit bientôt à écrire des drames : « Thersite »(1907), « La Maison au bord de la mer »(1911). Mais Stefan Zweig jugeait que « la littérature n’est pas la vie », qu’elle n’est « qu’un moyen d’exaltation de la vie, un moyen d’en saisir le drame de façon plus claire et plus intelligible ».

En 1904, il alla à Paris, où il séjourna à plusieurs reprises et se lia d’amitié avec les écrivains de l’Abbaye. Infatigable voyageur, toujours en quête de nouvelles cultures : il vécut à Rome, à Florence, en Provence, en Espagne, en Afrique, il visita l’Angleterre, parcourut les Etats-Unis, le Canada, Cuba, le Mexique et passa même  un an aux Indes. Ce qui ne l’empêchait pas de poursuivre ses travaux littéraires, sans effort puisqu’il dit : « Malgré la meilleure volonté, je ne me rappelle pas avoir travaillé durant cette période. Mais cela est contredit par les faits, car j’ai écrit plusieurs livres, des pièces de théâtre qui ont été jouées sur presque toutes les scènes d’Allemagne et aussi à l’étranger… ».

Les multiples voyages de Zweig devaient forcément développer en lui l’amour des lettres étrangères et surtout des lettres françaises. Il le manifesta par des traductions remarquables de Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, de Verhaeren, de Suarès, de Romain Rolland.

Lorsque éclata la 1ère Guerre Mondiale, Zweig, ardent pacifiste, fut profondément marqué par cette guerre, elle lui inspira de violentes protestations (« Jérémie », 1916). Il explique d’ailleurs tout cela avec ferveur dans « Le Monde d’Hier ». Il quitta Vienne en 1919 et vint s’installer à Salzbourg, d’où il écrivit beaucoup de ses nouvelles les plus célèbres, telles « Vingt-quatre heures de la vie d’une femme », « Amok », « La Confusion des Sentiments », « La Peur »… Puis suivit la série de ses écrits biographiques, où il acquit d’emblée une certaine autorité avec son « Fouché ».

Mais hélas, Hitler et ses nazis s’emparent du pouvoir en Allemagne et les violences contre les réfractaires s’y multiplient. Bientôt l’Autriche, déjà à demi nazifiée, sera envahie. Dès 1933, à Munich et dans d’autres villes, les livres du « juif » Zweig étaient brûlés en autodafé. Zweig voyait avec désespoir revenir les mêmes forces brutales et destructrices que lors de la 1ère Guerre Mondiale, sous la forme, pire encore, du nazisme. En 1934, il partit en Angleterre, à Bath puis il parcourt de nouveau l’Amérique du Nord, se rend au Brésil, fait de courts séjours en France, en Autriche… Et la guerre éclate. Le 15 août 1941, il s’embarque pour le Brésil et s’établit à Pétropolis où il espère encore trouver la paix de l’esprit. En vain, le 22 février 1942, Stefan Zweig rédige un message d’adieu et il se suicide.

Et enfin, toujours pour avoir un aperçu du style, voici un extrait :

Pendant la nuit, il pouvait être onze heures, j’étais assis dans ma chambre en train de finir la lecture d’un livre, lorsque j’entendis tout à coup par la fenêtre ouverte, des cris et des appels inquiets dans le jardin, qui témoignaient d’une agitation certaine dans l’hôtel d’à côté. Plutôt par inquiétude que par curiosité, je descendis aussitôt, et en cinquante pas je m’y rendis, pour trouver les clients et le personnel dans un état de grand trouble et d’émotion. Mme Henriette, dont le mari, avec sa ponctualité coutumière, jouait aux dominos avec son ami de Namur, n’était pas rentrée de la promenade qu’elle faisait tous les soirs sur le front de mer, et l’on craignait un accident. Comme un taureau, cet homme corpulent, d’habitude si pesant, se précipitait continuellement vers le littoral, et quand sa voix altérée par l’émotion criait dans la nuit : « Henriette ! Henriette ! », ce son avait quelque chose d’aussi terrifiant et de primitif que le cri d’une bête gigantesque, frappée à mort. Les serveurs et les boys se démenaient, montant et descendant les escaliers ; on réveilla tous les clients et l’on téléphona à la gendarmerie. Mais au milieu de ce tumulte, le gros homme, son gilet déboutonné, titubait et marchait pesamment en sanglotant et en criant sans cesse dans la nuit, d’une manière tout à fait insensée, un seul nom : « Henriette ! Henriette ! » Sur ces entrefaites, les enfants s’étaient réveillées là-haut et en chemises de nuit elles appelaient leur mère par la fenêtre ; alors le père courut à elles pour les tranquilliser.

Bien sûr ce livre ne parle pas de n’importe quelle journée et encore moins de la journée de n’importe quelle femme ! Et cette femme, malgré la 4ème de couverture et mon extrait, n’est pas Henriette mais la vieille dame…

Elle va se sentir en confiance avec le narrateur et lui raconter une journée qui pèse lourd sur sa conscience et son cœur…

J’ai adoré ! Je n’ai pas pu m’empêcher de me demander ce que j’aurai à la place de cette femme, tout en me disant que je n’aurai pas pu être à sa place n’ayant pas son sens de l’observation… Sens de l’observation qui amène parfois de longues descriptions qui ne m’ont pourtant pas dérangée car on comprend pourquoi cette femme s’attarde sur les moindres détails.

J’ai été un peu déçue de la fin mais tout simplement que comme cette femme, je crois aux promesses et que ça ne pouvait pas finir comme ça… Et pourtant c’est une fin tellement logique !

Une chose est sûre : j’ai envie de lire d’autres livres de Zweig !

♥♥♥♥

L’attrape-cœurs de J.D. Salinger

Encore un « classique », un livre qu’on doit lire, un incontournable. Je ne connaissais pas du tout mais le titre est joli donc même si moi et les « classiques », ce n’est pas le grand amour, je me suis encore laissée tentée et au moins après l’avoir lu, je serais moins bête ! ^^
Voici la 4ème de couverture :

Phénomène littéraire sans équivalent depuis les années 50, J.D. Salinger reste le plus mystérieux des écrivains contemporains, et son chef-d’œuvre, L’attrape-cœurs, roman de l’adolescence le plus lu du monde entier, est l’histoire d’une fugue, celle d’un garçon de la bourgeoisie new-yorkaise chassé de son collège trois jours avant Noël, qui n’ose pas rentrer chez lui et affronter ses parents. Trois jours de vagabondage et d’aventures cocasses, sordides ou émouvantes, d’incertitudes et d’anxiété, à la recherche de soi-même et des autres. L’histoire éternelle d’un gosse perdu qui cherche des raisons de vivre dans un monde hostile et corrompu.

Plutôt un bon point mais je ne connais pas l’auteur alors voici une petite présentation :
J. D. Salinger (1919 – 2010) est un écrivain américain.
À partir de 1948, il commence véritablement à se faire connaître avec la publication de nouvelles, dans le journal New Yorker dont il devient rapidement l’un des auteurs les plus connus. En fait, sa première collaboration avec le New Yorker, date de 1942, il s’agissait d’une histoire intitulée Slight Rebellion off Madison, dans laquelle apparaissait un personnage mi-autobiographique nommé Holden Caulfield. La nouvelle ne fut toutefois pas publiée avant 1946 à cause de la guerre.
Salinger a confié à plusieurs personnes qu’il sentait que Holden méritait un roman et L’attrape-cœurs est publié en 1951. C’est un succès immédiat, même si les premières critiques sont partagées. Le livre est toujours beaucoup lu actuellement, particulièrement aux États-Unis où il est largement étudié dans les écoles.
En 1953, Salinger réunit des nouvelles en un recueil intitulé Nine Stories aux États-Unis et Pour Esme, avec amour et abjection au Royaume-Uni. Il sera plus tard traduit en français et publié sous le nom de Nouvelles. Ce livre est un succès.
Avec la notoriété apportée par L’attrape-cœurs, Salinger a commencé à se renfermer sur lui-même. En 1953, il quitte New-York pour le New Hampshire. Quand un entretien qu’il avait donné pour le journal d’un lycée est en fait publié dans le journal local, Salinger se sent trahi et sort de moins en moins. Sa dernière publication paraît dans le New Yorker en 1965. Il semblerait qu’il était sur le point de publier d’autres écrits dans les années 1970 mais qu’il se ravisa au dernier moment. En 1978, Newsweek rapporte que Salinger déclare avoir terminé un « long livre romantique se déroulant durant la Seconde Guerre mondiale », mais rien ne fut jamais publié.
Salinger essaie d’échapper au maximum à l’exposition et à l’attention publique. Lorsqu’il apprend que Ian Hamilton a l’intention de publier sa biographie en incluant des lettres que Salinger avait écrites, il l’attaque en justice pour empêcher la publication. Le livre finit par paraître mais avec le contenu des lettres paraphrasées.
J. D. Salinger meurt le 27 Janvier 2010 à l’âge de 91 ans, à son domicile du New Hampshire.

Et pour voir le style (là où le bat blesse pour moi) voici un extrait :

Là où je veux commencer c’est à mon dernier jour avant de quitter Pencey Prep. Pencey Prep est ce collège, à Agerstown, Pennsylvanie, vous devez connaître. En tous cas vous avez sûrement vu les placards publicitaires. Y en a dans un bon millier de magazines et toujours ça montre un type extra sur un pur-sang qui saute une haie. Comme si tout ce qu’on faisait à Pencey c’était de jouer au polo. Moi dans le secteur j’ai même jamais vu un canasson. Et en dessous de l’image du type à cheval y a toujours écrit : « Depuis 1888, nous travaillons à forger de splendides jeunes hommes à l’esprit ouvert. » Tu parles ! Ils forgent pas plus à Pencey que dans n’importe quelle autre école. Et j’y ai jamais connu personne qui soit splendide, l’esprit ouvert et tout. Peut-être deux gars. Et encore. C’est probable qu’ils étaient déjà comme ça en arrivant.
Bon. On est donc le samedi du match de foot contre Saxon Hall. Le match contre Saxon Hall c’était censé être un truc de première importance, le dernier match de l’année et on était aussi censé se suicider, ou quelque chose comme ça, si notre cher collège était battu. Je me souviens que vers trois heures, ce foutu après-midi, j’étais allé me percher en haut de Thomsen Hill, juste à côté du vieux canon pourri qu’avait fait la guerre d’Indépendance et tout.

Livre court, assez facile à lire mais auquel, malgré l’histoire qui avait tout pour me plaire, je n’ai pas accroché du tout… Pourquoi ? La faute au style, se mettre dans la peau de l’ado, écrire comme il parle, pire comme il pense ! Cette quantité de phrases finissant par « et tout », non, désolée, mais ce n’est pas pour moi !
Je n’ai pas réussi à me mettre à la place de ce gamin, ni à le comprendre, ni même à éprouver de la compassion pour lui…
Après en avoir discuté un peu avec quelqu’un qui l’a lu en même temps que moi (mais plus vite), c’est peut-être dû à la traduction… Solution ? Le lire en VO ou une autre traduction… Mais j’avoue que j’ai le courage ni pour l’un ni pour l’autre !
Ce n’est malheureusement pas ce livre qui va me réconcilier avec les « classiques »… Allez passons à la prochaine lecture.

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Le blé en herbe de Colette

J’ai acheté ce livre pour combler mes lacunes culturelles ! Je n’avais jamais lu aucun livre de Colette et il paraît que celui-là est presque un « classique » donc…

Mais je commence à croire que malheureusement les « classiques » ne sont pas faits pour moi… Bon, celui-ci ne m’a pas déplu, c’est déjà ça ! hihihi Commençons par le commencement, la 4ème de couverture :

« Toute leur enfance les a unis, l’adolescence les sépare. »

Phil, 16 ans, et Vinca, 15 ans, amis de toujours, passent leurs étés en Bretagne. Tout naturellement, l’amour s’installe entre ces deux complices inséparables, un amour qui grandit plus vite qu’eux. Et cet été-là, Vinca et Phil découvrent leurs différences et leurs incompréhensions. L’insouciance et la confiance font alors place à la souffrance et à la trahison.

Ces amours adolescentes révèlent à Vinca et à Phil ce qu’ils sont désormais et ne seront jamais plus. Et ces vacances s’achèvent sur un adieu à l’enfance, amer et nostalgique.

Avec délicatesse, Colette excelle à évoquer l’éveil de la sensualité, la douloureuse initiation à l’amour et à la vie.

Vous connaissez tous le nom de Colette mais savez-vous vraiment qui elle est ? Alors juste un petit mot sur elle :

Sidonie Gabrielle Colette (1873 – 1954)

Romancière française, son œuvre est une célébration sensuelle et passionnée de la nature et des relations humaines. On lui doit la série des Claudine, qui firent scandale au moment de leur parution, et des romans sous forme de feuilletons, notamment Chéri, Le blé en herbe, Gigi.

Certaines scènes sont très bien écrites et m’ont emportée, je vous mets donc un extrait :

« La grande marée d’août amenant la pluie emplissait la fenêtre. La terre finissait là, à la lisière du pré sableux. Encore un effort du vent, encore un soulèvement du champ gris labouré d’écumes parallèles, et la maison, sans doute, voguerait comme une arche… Mais Phil et Vinca connaissaient la marée d’août et son tonnerre monotone, la marée de septembre et ses cheveux blancs échevelés. Ils savaient que ce bout de prairie demeurait infranchissable, et leur enfance avait nargué, tous les ans, les lanières savonneuses qui dansaient, impuissantes, au bord rongé de l’empire des hommes.

Phil rouvrit la porte vitrée, la referma avec effort, fit tête au vent et tendit son front à la pluie fine, vannée par la tempête, la douce pluie marine un peu salée qui voyageait dans l’air comme une fumée. Il ramassa sur la terrasse les boules cloutées d’acier et le cochonnet de buis, abandonnés le matin, les tambourins et les balles de caoutchouc. Il rangea dans une resserre ces jouets qui ne l’amusaient plus, comme on range les pièces d’un déguisement qui doit servir longtemps. Derrière la fenêtre, les yeux de la Pervenche le suivaient, et les gouttes glissantes le long de la vitre semblaient ruisseler de ces yeux anxieux, d’un bleu qui ne dépendait ni de l’étain jaspé du ciel ni du plomb verdi de la mer. »

J’avais du mal à me mettre dans la pensée de l’époque. Je ne suis pas voyeuse mais je m’attendais à ce que l’initiation de Phil soit plus développée, que l’amour adolescent de Vinca et Phil soit plus intense ! Le roman insiste plus sur leur amitié, fraternité car même si on parle d’amour à peine s’il y a un baiser d’échanger (enfin, si on exclut la fin du livre…).

Je pense que je le relirais car pour le moment, je reste sur une impression mitigée… Il faut dire que les conditions dans lesquelles je l’ai lu ne sont pas les meilleures (salles d’attente et attente dans la voiture…).

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