ob_a4f4f9_bobin-la-femme-a-venir126C’est un livre que j’ai découvert par hasard. Je regardais les titres sur une étagère et je ne sais pas pourquoi, j’ai sorti ce livre. J’ai commencé à le feuilleter et sans m’en rendre compte, je me suis installée dans un fauteuil pour le lire.

Voici sa 4ème de couverture :

 » On est d’abord loin du livre, loin de la maison. On est d’abord loin de tout. On est dans la rue. On passe souvent par cette rue-là. La maison est immense. Les lumières y brûlent jour et nuit. On passe, on ne s’arrête pas. Un jour on entre. Dans la maison incendiée de lumière, dans le livre ébloui de silence, on entre. On va tout de suite au fond, tout au bout du couloir, tout à la fin de la phrase, tout de suite là. Dans la chambre aux murs clairs, dans le coeur noir du livre. On se penche au-dessus du berceau de merisier. On regarde, c’est difficile de regarder un nouveau-né, c’est comme un mort : on ne sait pas voir. On s’attarde, on se tait. On regarde la petite fille endormie dans le berceau de lumière. Albe, c’est son nom.  »

Je ne sais pas ce qui m’a attirée vers ce livre mais je sais ce qui m’a fait continuer ma lecture : le style de l’auteur !! Voici quelques morceaux choisis :

« C’est une chose fragile que la lumière du jour. On y grandit. On y marche. On y attend quelque chose, on ne sait trop quoi. Oui, mais voilà : où trouver la force d’attendre, quand le visage aimé est recouvert de terre ?

Toute la lumière nous venait de ce visage. Maintenant on n’y voit plus. » p. 26

« Dans la chambre d’à côté, le père ne dort pas. Il écoute le bruit des pas sur le plancher, cette fenêtre que l’on ferme, ces pensées que l’on ouvre. Albe va partir, c’est normal. Non, c’est cruel. C’est normalement cruel, voilà. Je bois trop, je fume trop, c’est normal aussi. » p. 50

« Albe et Antonin. Gravité de cet amour. Légèreté de ce lien. La jeune femme aide l’enfant pour les leçons de chaque jour. L’enfant aide la jeune femme pour la douceur de vivre. Ils grandissent dans le même temps, par les mêmes mots. » p.93

« Connaissez-vous, messieurs, mesdames, la douleur de l’ennui. Car c’est une douleur, la plus minutieuse. Elle se glisse au fond de l’âme, elle se niche entre les dents. On mange sans goût, on vit sans voir. Je m’appelle Albe, je ne crois en rien. On me parle. Les mots sont des grains de sable. L’ensemble fait un désert. J’ai perdu une chose mais j’ignore quoi. » p.106

J’aurai pu continuer ainsi longtemps encore ! Je n’ai pas retrouvé toutes les phrases qui m’ont marqué et en les recherchant j’en ai trouvé d’autres… Comme vous pouvez le voir, les phrases sont courtes, ce roman se lit donc très vite, tout s’enchaîne si facilement ! Et pourtant… L’histoire en elle-même est un peu spéciale, elle est décousue, on ne suit que certains passages de la vie d’Albe et de les autres sont laissés en blanc ou alors passés en quelques mots.

On ne sait pas trop quoi penser des personnages. On aimerait s’attacher à eux notamment à Albe mais on y arrive difficilement (peut-être une petite tendresse pour Lise mais même pas sûre). Il y a quelque chose chez Albe de détaché ce qui crée un fossé entre elle et nous. Vu ce qu’elle a vécu, c’est compréhensible mais c’est dommage qu’on ne puisse s’identifier à elle. On comprend qu’elle attire du monde. Elle a sa cour grâce à sa douceur et son mystère. Cette distance qu’elle instaure est en grande partie pour se protéger et son changement au contact d’Antonin est appréciable, la rend plus humaine, comme si elle osait enfin s’ouvrir et aimer.

La fin est n peu spéciale mais en même temps elle correspond bien au livre. Et pour une fois, moi qui n’aime pas les fins ouvertes, celle-ci ne m’a pas frustrée.

Par contre, je ne sais pas si je dois ou non vous conseiller cette lecture. En effet, je n’ai aucune idée si la magie opérera sur vous comme elle a opéré sur moi. Mais ce qui est sûr c’est que je vais chercher un 2ème livre de cet auteur pour voir si son style reste toujours le même et m’embarque toujours de la même manière ! Un vrai coup de cœur !

♥♥♥♥♥

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Commentaires sur: "La femme à venir de Christian Bobin" (1)

  1. Christophe a dit:

    Vous pouvez tout lire de Christian Bobin. Vous pouvez aussi écouter ses chroniques sur la radio suisse romande (RTS) : http://www.rts.ch/audio/espace-2/programmes/initiales/5876103-la-chronique-de-christian-bobin-deux-voix-au-bord-de-la-riviere-08-06-2014.html

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